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Sea yoU

Sea yoU

Un bateau nommé DÉSIRS... Voyages, aventures, humeurs, voiles, récits et photos


MAJORCA

Publié par Fabienne et Dominique sur 14 Août 2015, 16:59pm

MAJORCA

POLLENSA


C'est dans une "gorgeous" baie, comme dirait notre amie australienne Christine, que nous avons mouillé dans à peine 4 mètres d'une eau limpide. On voit par transparence le fond couvert d'une sorte de gazon d'algues où les poissons profitent des mouvements de notre chaîne pour aller chercher quelque nourriture.


Notre problème d'annexe ne va pas dans le sens de l'amélioration, le fond se décolle des boudins et nous baignons dans l'eau. J'ai fait une réparation de fortune mais il faut aller à terre pour acheter de la colle voir même en acheter une nouvelle.


Nous entrons dans une quincaillerie qu'un vieil anglais plein d'humour nous a indiqué en la cherchant lui-même. J'essaie d'expliquer mon problème à une vendeuse qui parle anglais comme moi le russe. Elle me propose des colles en tout genre mais pas du tout adaptées au problème.


Quand Mervin, un british de 70 ans qui ne les fait pas du tout, s'intéresse à mon histoire et me dit que la seule solution, c'est un produit américain qui colle mieux que tout. Il me demande où est mon bateau, son nom, me dit qu'il va sur le sien dans 15 minutes et qu'il passera voir.
Nous retournons au bateau mi confiants, mi septiques et effectivement nous voyons arriver Mervin et son fils Kevin dans leur annexe blanche.
Mervin monte à bord, confirme son analyse, me donne quelques instructions de préparation et me dit qu'il viendra dans l'après midi pour faire la réparation. Tout cela dans le plus pur esprit d'entraide entre marins.
"un jour c'est peut-être toi qui fera cela pour moi" me dit-il.
Nous ne savions pas encore mais Mervin et son fils allaient doublement nous aider.
Vers 15h30, le vent s'était levé comme tous les après midi. Les deux sujets de sa Majesté étaient arrivés sur le bateau et nous discutions, quand soudain Fab s'exclama
"Mais qu'est-ce qu'ils font là ceux la??? "
En nous retournant, nous voyons un énorme "trawler" ( bateau à moteur habitable) qui est pratiquement sur notre étrave, encore 2 mètres et c'est la collision.
Je fonce à l'avant pour écarter le bateau. A bord ce sont une dizaine de français qui ne comprennent rien à ce qui se passe, ils pensent que nous arrivons sur eux alors que c'est eux qui dérapent.
Je leur crie "vous allez arracher mon ancre"
" mais qu'est-ce que vous faites, nous ne sommes pas manœuvrant...." me répondent-ils d'un air ahuri.
Leur bateau continue sa course folle poussé par des rafales qui ne font qu'augmenter.
"Fab, va mettre les pare-battages... vite.. vite"
Mervin me dit " put your engine on... in case of" (allume ton moteur au cas où)
Mon moteur commence juste à ronronner, quand je vois l'étrave de SEA YOU qui tourne brutalement sur tribord emporté par l'ancre de ce bateau qui échappe totalement au contrôle de ses occupants.
Mervin envoie son fils dans le zodiac pour voir s'il peut aider de l'extérieur. Les français remontent leur ancre mais n'ont toujours pas allumé le moteur. Quand leur ancre apparaît la chaîne de SEA YOU y est accrochée comme une guirlande de Noël, et maintenant nous dérivons à deux vers le voilier qui est derrière.
Cela me fait penser maintenant à ces chiens qui s'accouplent et qui restent "collés" allant dans tous les sens pour échapper à cette infortune. A une différence près, SEA YOU n'a ressenti aucun plaisir à cette partie de chaîne en l'air.
Heureusement que des dieux ignorants ne lui ont pas envoyé en plus de l'eau pour le décoller...


Mervin leur dit de relâcher leur ancre et d'avancer, mais ils restent amorphes, ne sachant plus quoi faire.
J'essaie de tenir les deux bateaux au moteur pour éviter d'en emmener un troisième.
Fab place toutes les protections et surveille avec son pare-battage volant, prête à intervenir.
Quand enfin l'équipage du trawler se réveille et se sort les doigts du séant, il arrive après plusieurs tentatives à décrocher notre chaîne de leur ancre avec une gaffe.
Le viol de notre intimité prend fin et nous sommes enfin libérés.
Une lutte intense d'une dizaine de minutes qui se termine heureusement par un match nul, aucune blessure physique à déplorer.


Mervin est resté encore 2 heures, pour réparer notre annexe avec beaucoup de soin.
Nous avons bu une bière, et il est reparti avec son fils.
Quel service immense ai-je pu bien lui rendre dans une vie antérieure pour qu'il me retrouve dans celle ci afin de me rendre la pareille. Ou peut-être est-ce moi qui devrait le retrouver dans une prochaine existence.
On peut aussi rester béa d'admiration devant ce formidable enchevêtrement de causes et d'effets, qui a conduit à cet événement que je viens de narrer. Si j'étais rentré quinze secondes plus tard dans cette quincaillerie, l'histoire aurait été toute différente.
Dans tous les cas, cette rencontre magnifique avec des êtres simplement généreux de leur temps et en accord avec leur vie, restera un moment fort de ce périple.


Mais ce n'est pas fini dans l'extraordinaire....
Le lendemain nous sirotions tranquillement une pinte de bière bien fraîche à la terrasse d'un café, à la fois pour profiter de ce début de soirée, mais aussi pour accéder au sacro saint WIFI, qui permet de vous envoyer nos articles et de récupérer une météo complète, trop lourde à charger avec notre téléphone.
Quand un français, "Jean-Pierre" arriva avec un litre de sangria et des verres nous proposant de partager sa boisson locale. Il avait deviné que l'on était " des gens de bateaux" comme on dit, et avait envie de parler.
Nous avons donc discuté de beaucoup de choses, très orientées sur la mer, les voyages et les bateaux. Puis, la conversation est arrivée sur les fortunes de mer et notamment en Tunisie, où on lui a tiré dessus. Je raconte l'histoire d'un ami agressé par des locaux après les avoir fait monter à bord et avoir bu avec eux de l'alcool.
Il me dit:
"Ton gars, il a pas la cinquantaine, cheveux mis long grisonnants, sur un petit bateau..."
"Oui, c'est exactement cela" lui dis-je
"C'est Paul... Attends, il vient de m'envoyer une photo je l'ai sur mon iPad" continuais je..
"Et bien oui, c'est lui, j'ai passé une semaine avec lui à Tabarka" répondit Jean-Pierre
Je lui racontais que j'avais connu Paul sur le Rallye des Iles du Soleil, que nous avions fait la fête à Salvador de Bahia pendant plusieurs jours et que depuis nous sommes toujours en contact par mail ou autre. Je lui donnai des nouvelles fraîches, le pris en photo pour l'envoyer à Paul.
On voulait le revoir le lendemain à son QG, mais personne, et le surlendemain nous mettions les voiles pour Puerto Soller.
La terre n'est vraiment pas si grande que cela, et les rencontres que nous y faisons sont comme des fils magiques qui nous relient les uns aux autres.

MAJORCA
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PUERTO SOLLER


C'est en longeant les grandioses falaises de la côte nord que nous sommes arrivés dans ce petit port aux résonances françaises.
Seul abri sûr de toute la côte, le soir venu il se remplit plus que de raison, comme le ventre d'un teuton à la fête de la bière. Les bateaux s'entassent les uns à côté des autres, mouillant leur ancre où ils peuvent. Tout se passe à peu prêt bien quand il y a du vent et que les chaînes sont tendues. Si le vent tourne les bateaux tournent. Mais quand de nuit le vent s'arrête, c'est l'anarchie... Chaque bateau va là où cela lui chante, un à droite l'autre à gauche, en avant, en arrière... Bref c'est là où il faut se lever et veiller. 
Il y a deux plages dans cette cala de port. Sur celle de droite, le soir venu on peut échouer son annexe sur la plage et prendre apéro et tapas les pieds presque dans l'eau. Et en plus un bon WiFi...

 

MAJORCAMAJORCA
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ANDRATX



Nous avons mouillé à l'extérieur du port avant la digue brise lame. Endroit sans grand intérêt si ce n'est de nous assurer une nuit de tranquillité après la nuit blanche que nous venons de passer.
Sauf que jusqu'â 21 h c'est un balai incessant de bateaux à moteur qui sont, soient en pleine accélération, soit en pleine décélération. Donc au maximum de leur capacité de nuisance en terme de vagues.
Il fallu bien souvent rattraper notre verre au vol au moment de l'apéro.
A 4h30, c'est une véritable Armada de chalutiers et bateaux de pêche en tout genre qui nous sortirent des bras de la brave Morphée qui veillait sur notre repos.
 

MAJORCA

PLAGE DE ES TRENC


 Le matin nous avons mis le cap vers cette magnifique plage indiquée par David et Chris une autre belle rencontre dans la cala San Galdana. Eric, Sylvie et leur enfants rencontrés au même endroit nous ont apporté également de précieux renseignements ainsi qu'un fichier détaillé des ports de la côte espagnole, avec les prix et coordonnées. Un travail méthodique et précis qui impose l'admiration.
C'est avec 25 nds de vent que nous avons mouillé aux abords de cette plage dans une eau au couleur de lagon. A l'avant du bateau, j'étais comme sur un taureau de foire. Tenant d'une main les rennes, ma télécommande de guindeau, et de l'autre le pommeau de la selle, le balcon avant. J'ai même crié fièrement un Yaahooo.... pour maîtriser la bête en furie...
J'avais misé sur l'arrêt du vent vers 21h. C'est à 20 h que les éléments se sont calmés et que nous avons pu nous  baigner dans ce cristal bleuté.
Une nuit superbe, personne autour, pas de vent, pas de vagues...
 
 

MAJORCA
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BAIE D'ARTA


Nous voulions faire une escale à Puerto Cristo, mais sans réservation pas de place. Le mouillage extérieur ne me plaisait pas, les bonnes places étaient déjà prises. Donc nous avons continué vers le nord à la recherche d'un endroit qui nous conviendrait.
Quand nous sommes arrivés dans la baie d'Arta, j'ai tout de suite su que c'était là que nous allions passé la nuit. 
La baie est immense et il n'y avait que 4 bateaux. Les constructions sur terre ne sont pas belles. Ce sont les grands hôtels des années 70-80 dans le plus pur style HLM de banlieue. C'est certainement pour cela que l'endroit est boudé.  Nous avons pourtant trouvé vers la pointe sud, une partie restée sauvage.
A l'heure du gin tonic, un cata vert pomme est arrivé avec une centaine de jeunes, des baffles énormes et musique à fond. Il a mouillé à 200m, le temps d'un apéro coucher de soleil baignade. Nous avons donc profité de cette ambiance musicale bien sympa.


Le lendemain nous avons repris la mer pour nous diriger à nouveau sur Minorque et faire escale dans le port de Mahon.


Bon vent 


SEA YOU

MAJORCAMAJORCA
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M
Que d aventures !!! heureusement vous etes souvent a table la bouteille de rose de rigueur
profitez en
on vous embrasse
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F
Oui le rosé est obligatoire... Bizzz
C
Belles aventures , humaines et nautiques ! Bisous
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F
Merci de suivre nos aventures... A la prochaine... Bizzz
P
Alors, cette histoire de paul et Jean pierre. ... je ne savais pas qu'il avait été attaqué en Tunisie.
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F
Oui il a senti le souffle des balles alors qu'il était sur son bateau... Pas cool...
O
Salut BAB, si tu n'aimes pas la Paella, on te donnera autre chose.
On se voit à la braderie?
Biz à Fabienne
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F
Salut, on sait pas encore cela dépend quand on rentre... On t'appelle si on est sur lille..
M
Tes récits sont toujours aussi passionnants !! Bisous à vous 2.
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F
Merci... Bises

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