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Sea yoU

Sea yoU

Un bateau nommé DÉSIRS... Voyages, aventures, humeurs, voiles, récits et photos


vers le CAILLOU

Publié par Fabienne et Dominique sur 24 Août 2021, 07:47am

vers le CAILLOU

Je suis allongé dans le cockpit, le vent est frais pour une région tropicale, mais il est vrai que nous sommes en hiver dans l’hémisphère sud, les îles Fidji disparaissent progressivement à l’horizon.

 

Seule Viti Levu est encore légèrement visible car c’est la plus grande et la plus haute, et pourtant nous avons déjà parcouru 35 miles (64km).

vers le CAILLOU

Fab dort dans le carré, et moi je lis « sérotonine » de Michel Houellebecq.

Une édition de poche trouvée dans un dépôt de livres de la marina Papeete. On voit, par son état, que de nombreuses mains l'ont feuilleté, il y a même des sur-lignages grossiers de passages dont je ne comprends pas l'importance...

J’aime assez son écriture directe et crue comme un tartare de thon frais.

 

Je sais déjà que ceux qui se sont laissés absorber par cette vague désespérante et ridicule de puritanisme qui renaît depuis environ 2 décennies ( mais s’amplifiant vraiment depuis la dernière), considèreront plutôt que son ton est cru comme un tartare de thon avarié.

 

Il n’a pas peur de ces mots populaires qui n’ont rien de vulgaire en fait et que tout le monde a dans la tête mais n’ose pas employer.

Un phallus est une bite, un vagin une chatte et il va droit au but, le politiquement correct littéraire lui est étranger, on sent que sa culture est importante et ses analyses sociétales relevant d’une observation attentive sont souvent pertinentes.

Par contre, on peut être un peu gêné par une certaine noirceur d’âme, une forme de désespoir désabusé... ( j’éviterais par exemple de donner ce livre à quelqu’un qui souffre de solitude, car j’aurais le sentiment de pratiquer une euthanasie).

 

J’aime son style néanmoins, peut être parce que je garde une certaine retenue dans mes récits et que l’envie d’oser aller plus loin me brûle le clavier. La différence notable est sans doute que lui se cache derrière ses personnages, alors que moi je raconte nos aventures personnelles, l’exposition est plus forte, et donc la peur du jugement plus grande... la peur de ne plus être aimé n’est certainement pas très loin non plus...

Il faudrait peut-être que j’invente des personnages...

 

Mais je dois aussi confesser que je suis un amoureux de la métaphore. Je m’amuse beaucoup à employer justement des images qui suggèrent, invitent à l’imagination, développent la créativité de l’esprit. Ce sont les deux visages de la divinité Janus, qui s’affrontent parfois en moi. Nous avons tous l’envie secrète de laisser de temps en temps Mister Hyde s’exprimer à la place de Docteur Jekyll.

 

 

Donc je suis pensif dans ce cockpit... Sea yoU avance bien avec le vent sur son travers, en tout cas toute la toile est sortie.

 

La Nouvelle Calédonie est très très dure pour laisser rentrer les étrangers au territoire.

Impossible d’arriver par la terre, ou plutôt en avion.

 

Seuls les bateaux français, avec équipage français ont une toute petite chance. Il faut au préalable demander une dérogation, avec lettre expliquant pourquoi on veut s’arrêter, pour obtenir un accord d’escale.

 

Après un mois de tractations, nous avons enfin obtenu le sésame qui nous ouvre les portes du caillou.

Grâce au vaccin, (il faut bien que cela serve un jour), nous ne sommes soumis qu’à 7 jours de quarantaine au lieu de 14. Mais les jours en mer sont pris en compte.

 

Donc nous devons essayer de mettre au moins 7 jours pour arriver.

La distance entre Fidji et Nouméa est d’environ 640mn soit normalement 5 jours.

 

Nous nous sommes donc arrêtés une dizaine de miles après notre départ de la marina, pour passer une nuit au mouillage, derrière Musket cove, ainsi on gagne déjà une journée.

On verra ensuite suivant la météo comment on négocie la suite du voyage.

 

Tous nos bateaux amis, de différentes nationalités n’ont pas cette chance de pouvoir s’arrêter à Nouméa. Ils ne sont autorisés qu’à une escale de réapprovisionnement de 24 h. Donc aucun ne s’arrête, c’est sans intérêt venant des Fidji. L’´Australie et la NZ étant fermés ils ne leur restent plus que la route directe sur l’Indonésie. Cela fait une nouvelle très longue navigation.

 

Je viens de voir qu’un système anticyclonique de 1031 hp, qui devait rester plus au sud, a décidé de monter légèrement vers le nord et donc de positionner sa partie extrêmement venteuse sur la Calédonie et le Vanuatu. il arrivera le lundi 9 août au soir..

Donc cet arrêt au départ était une belle connerie, car maintenant il faut que l’on arrive absolument le 9 au matin dans la passe.

Pour 2 raisons, la première est qu’il reste encore, après la passe, 44 mn à naviguer pour arriver au port de Nouméa, et la seconde c’est que l’étale de marée haute est à 6h45.

 

Et.... et... le vent est tombé, et ne s’est pas relevé. Il semble ko.. compté 10 comme un boxeur allongé sur le ring poussant des petits râles d’agonie après s’en être pris une bonne dans la tronche...

 

vers le CAILLOU

La mer est encore plus plate que la poitri... non je l’ai déjà faite celle là... mes lecteurs les plus fidèles vont penser que je me répète, que mon imagination s’est mutinée et a quitté le navire et ils vont finir par zapper sur un autre blog.

 

Sans compter que je vais être insulté par les féministes, qui vont hurler au droit de ne pas avoir de seins, à l’inadmissible attitude sexiste des hommes qui aiment les gros nichons, à la dictature des mâles s’envolant dans leurs fantasmes à la vue d’un bonnet C et qui explosent littéralement en vol au bonnet D et E.

 

J’ai d’ailleurs toujours été étonné par le fait que la plupart des femmes qui n’ont pas de seins mettent un point d’honneur à porter un soutien gorge en toutes circonstances... pourquoi soutenir une « gorge » que l’on a pas? Pourquoi s’embêter avec un truc aussi peu confortable quand on en a pas besoin? ( j’avoue que cette affirmation est gratuite car je n’en ai jamais porté, mais je devrais essayer pour voir)

 

Le « soutif » est-il un signe d’appartenance à un genre, une sorte d'affirmation paranoïaque de la féminité? Est-ce pour cacher un téton dont elles ont honte où qui leur fait peur? Un moyen de faire croire à celui ou celle que l’on veut séduire que comme dans l’univers, il y quelque chose plutôt que rien???

 

« Tout cela va très loin »... comme dirait Anémone quand Thierry Lhermitte lui offre un tableau peint de ses mains avec « une dame aux gros seins » devant « un charmant petit village » dans le cultissime  « Le Père Noël est une ordure ».

 

 

 

 

 

Revenons à notre pauvre mère.. notre pauvre mer bien sûre... elle est donc plus plate qu’une huître de Belon.

Là je ne prends pas de risque normalement... (J’aurais préféré, pour rester dans le thème, dire  qu’elle était aussi plate qu’une moule, mais il n’y a pas de moule plate... et j’emmerde les féministes. Houllebecke sort de ce corps... on dirait que je commence à me lâcher... coucou Mister Hyde...)

 

Nous sommes donc contraints de mettre le moteur, car il nous faut garder une certaine vitesse maintenant, pour pouvoir nous mettre à l’abri à temps.

 

Les prochaines 48h sont donc bercées par le doux ronronnement d’un moteur bien entretenu par mes soins.

 

Si au début on est agacé par ce bruit mécanique, contraire aux principes des Glénans, hérétique au regard des sacro-saints « tout voile » et autres intégristes véliques, quand on a pas le choix, on finit par intégrer ce bruit lancinant qui berce et permet aussi de récupérer des heures de sommeil. Le corps n’étant plus à l’affût du moindre changement de vent, il se détend et lâche prise sur une situation qui lui est imposée.

vers le CAILLOU

Nous en profitons aussi pour tester un nouveau leurre.

Attraper un magnifique Mahi-Mahi idéalement proportionné pour 3 repas de deux personnes, permet de dire que le test est concluant.

 

C’est donc tout d’abord mariné dans l’huile d’olive, citron, gingembre, sel, poivre et piments que nous dégustons ce magnifique spécimen des mers.

Le lendemain, ce sera un curry cacahouètes, et pour finir à la crème et citrons bergamote...

Cela donne envie de mourir au bout d’une ligne de pêche et de donner son corps à l’art culinaire...

vers le CAILLOU
vers le CAILLOU

Le vent reprend là où il s’était arrêté, à notre bateau...

 

Il nous envoie son flux d’air propulsif par le sud Est, ce qui nous oblige à une navigation au près.

Jusqu’à 12 nds de vent vrai, on peut dire que les vagues restent modérées, et que la navigation est plaisante et rapide.

 

Au delà, la mer du vent se lève, et soulève des vagues courtes qui se creusent de plus en plus. Sea you doit les gravir, et retombe en claquant sur l’eau de l’autre côté, affaibli, coupé dans son élan vers l’avant, on sent qu’il peine. Et pour nous c’est aussi désagréable que pénible.

 

Dans cette situation, Fab pense souvent à notre ami qui détient toujours le record du tour du monde à l’envers sans escale, c’est à dire contre les vents et les courants (au près donc).

Pourquoi se lancer dans une aventure pareille?

 

J’ai eu l’occasion de lui poser la question alors que nous allions en Islande, deux ou trois ans après son record,

Sa réponse est délicieuse et ne manque pas d'intérêt.

« c’est comme avec une femme, quand on a fait l’amour plusieurs fois d’un côté, on a envie d’essayer dans l'autre sens ».

J'ai trouvé cette illustration d'une fable de La Fontaine en explorant le brillant site "MUSAIR", je la trouve parfaite pour imager la réponse de notre ami. 

Je ne sais pas si Jean avait pensé à cette version érotique da sa fable.

vers le CAILLOU

Les 3 derniers jours au près, nous ont permis de garder une vitesse suffisante pour arriver le lundi 9 au lever du jour aux abords de la passe de la Havannah

 

Renaud notre ami de Fidji nous avait prévenu d’un effet de mascaret possible dans la passe, et nous avait conseillé de la prendre au moment de l’étale.

Mon horaire de marée pour le port de Goro, juste à côté, est de 6h45, et c’est précisément à cette heure que nous nous présentons.

 

Au loin on commence à apercevoir une barrière de vagues, un peu comme s’il y avait un récif..

Je lance mon regard sur la tablette pour vérifier notre position, prendre également des repères à terre et voir si tout correspond, si je n’ai pas fait une erreur qui pourrait nous être fatale...

 

Tout semble correct, je continue donc ma progression en allumant le moteur au cas où... il faut se rendre à l’évidence on va tout droit dans un magnifique phénomène de mascaret, avec des vagues de plus de 2 m de haut, espacées de seulement quelques mètres.

 

Sea yoU monte, descend, rentre dans la vague suivante, ( la longueur entre les vagues étant plus courte que celle du bateau) il enfourne de l’eau qui dévale sur nous en torrent de l’étrave au cul du bateau car il s’est déjà élevé sur la vague suivante...

 

Chaque fois qu’il claque en retombant de tout son poids après une ruade, il projette des gerbes d’eau qui nous reviennent dessus avec les 20 nds de vent qui soufflent en rafales...

Nous sommes trempés jusqu’à la moelle des os...

 

Bien sûr il y a un courant de malade, et il faut pousser le moteur à plus de 2000 tours pour progresser lentement.

Cela semble durer toujours trop longtemps quand c’est douloureux... et les plusieurs centaines de mètres à franchir nous paraissent interminables...

Pourquoi ce courant, alors que nous sommes à l’étale de pleine mer??? ( je vais me renseigner car je n’ai pas la réponse).

vers le CAILLOU

Notre longue progression pour nous rendre ensuite à Nouméa (44 mn (80km)) est beaucoup plus cool, en tout cas pour les 3 quarts.

 

Les paysages sont éclairés par un soleil naissant irradiant de sa lumière chaude du matin qui n’a d’équivalent que le soir.

Le sol du sud de la grande terre semble saigner, par des plaies béantes qui ressemblent à des escarres. Ce n’est pas l’homme pour une fois qui en est la cause, mais le temps qui comme pour nous accomplit son œuvre destructrice, ou plus positivement son œuvre de transformation, car rien ne se crée tout se transforme ...

 

 

Néanmoins, l’effet est spectaculaire. La nature modestement luxuriante est concentrée, sur une mince bande de terre coincée entre la mer et le début des collines, ensuite ce ne sont que quelques herbes folles qui ondulent sur les flancs de ces monts sanguinolents.

 

Pour le dernier quart de la route, nous commençons à ressentir les effets de ce renforcement d’alizés.

Des grains arrivent et le vent augmente de plus en plus. Il arrive à lever des vagues dans ce lagon qui sont impressionnantes. Mais nous avançons très vite et vers 14h nous arrivons à destination.

 

Au moment de franchir une nouvelle passe qui mène vers la baie de l’orphelinat où nous devons nous rendre, le vent et la pluie sont tels que je décide de faire demi-tour et d’attendre à l’extérieur  que les éléments se calment un peu.

 

vers le CAILLOU
vers le CAILLOU

Le MRCC (centre des opérations en mer dirons nous car je ne me souviens jamais de cet acronyme) que nous avons prévenu de notre arrivée proche, nous a donné une position où mouiller en arrivant. Elle se trouve à la pointe de l’artillerie devant leurs locaux.

 

L’endroit indiqué est si proche de la terre que je me décale vers un imoca 60 sur bouée, « MERCI ». ( bateau de Sébastien Destremeau, qui a du abandonner lors du dernier Vendée Globe.

 

 

Le MRCC me dit que je ne suis plus dans la zone de mouillage délimitée par une ligne entre 2 balises jaunes.

Mais étant donné que je veux mettre 60 mètres de chaine à cause du grand vent, je ne serais jamais dans leur zone beaucoup trop petite pour moi, bref ils acceptent que je reste là même si je suis franchement en dehors...

 

Nous échangeons par radio VHF et un rendez-vous est pris le lendemain à 9h pour faire nos tests. Je dis bien nos tests car en plus du PCR classique, ils nous font une sérologie, pour voir si nous avons assez d’anticorps après notre vaccin. Chez eux aussi c’est ceinture et bretelles.

Comme ils sont Covid Free, ils tiennent à le rester.

 

L’après midi n’est pas consacré à buler, comme on pourrait le croire mais bien à ranger le bateau et à le rendre présentable pour la visite phytosanitaire. Il faut aussi faire l’inventaire des choses qu’ils risquent de nous prendre, et voir comment on peut les finir ou les transformer pour que ça passe.

 

Nous avons fini pratiquement tous les produits frais tels que légumes et fruits, le beurre est en phase terminale ainsi que le fromage, mais nous avons encore un gros stock de gingembre, qu’ils vont nous prendre, on en est certain.

Je décide donc de le râper et de le mélanger à de l’huile d’olive avec du sel pour en faire un excellent condiment... j’espère maintenant que ça passera.

 

Après une bonne bouteille d’un vin d’Afrique du Sud achetée à Fidji nous laissons enfin la fatigue s’installer, nous lâchons prise pour abandonner l’état de veille et sombrer dans la douce inconscience du repos ( pas encore éternel heureusement), avec l’espoir diffus de commencer une autre vie dans nos songes.

 

Les bâtiments du MRCC

 

Les deux malheureuses couvertures en polar ont eu bien du mal à nous réchauffer cette nuit.

On se pèle.....On va devoir ressortir la couette !

Il fait froid en hiver en Nouvelle Calédonie, en tout cas quand un anticyclone nous envoie un vent du sud venant de l’Antarctique.

Hier soir j’ai du mettre des chaussettes!!! Vous ne trouvez pas cela incroyable!!!

Et bien moi si... Depuis 3 ans que nous sommes partis, c’est la première fois que nous avons eu  si froid... et que je dois mettre des chaussettes...

 

Nous avons sorti le dinghy pour nous rendre à Port Moselle, près de la station carburant lieu du RDV arrangé par le MRCC. Deux voitures arrivent, la PAF dans l’une, la DASS dans l’autre.

 

La Paf nous accueille en premier, dès que nous avons mis un pied sur le sol du caillou.

Un petit pas pour l’humanité, mais un pas de géant pour nous...

 

Après avoir jeté furtivement un œil sur nos passeports, les agents, très sympathiques, s’adressent à nous,

« Combien de temps comptez vous rester? »

Alors que mes lèvres se mettent en mouvement pour faire sortir de ma bouche les sons d’une réponse, l’un d’eux coupe ma parole naissante, pour ajouter:

« De tout façon vous pouvez rester le temps que vous voulez..... vous êtes en France »

 

C’est bien la France quand même... si on pouvait avoir des doutes avant de partir, trois années de voyages à travers le monde nous ont définitivement convaincu que nous avons une vraie chance d’être français de métropole ou d’outre-mer...

 

La vue coté mer

La vue coté mer

Les rochers de la digue qui protègent le port des assauts de la mer en cas de cyclone sont devenus le nouveau dispensaire d’accueil des arrivants en bateau.

Une séance de chatouilles nasales, pour le test PCR, suivie d’une ponction sanguine par piqûre dans une veine du bras pour la sérologie et nos formalités sont terminées.

 

Nous devons retourner au bateau maintenant et attendre les résultats.

Sur le chemin nous voyons le bateau Falbala qui est au mouillage.

C’est un peu grâce à eux que nous sommes là.

 

Fab a vu un jour sur un groupe WhatsApp qu’ils étaient arrivés en Nouvelle Calédonie. Étonnée, car nous pensions l’endroit complètement fermé, elle leur a demandé comment ils avaient fait. Ils nous ont donné la démarche à suivre et nous voilà ici maintenant.

Nous leur faisons un coucou de loin, car nous ne pouvons avoir aucun contact avant les résultats de nos tests.

 

Le MRCC nous appelle le soir vers 19h pour nous dire que tout est ok maintenant et que nous sommes libres de nos mouvements.

 

Le vent souffle toujours très fort en ce matin du 11 août sur la pointe de l’artillerie, les rafales sont à plus des 25 nds.

Je contacte la marina de port Moselle pour les avertir de notre arrivée éminente et leur demander une assistance au ponton pour l’amarrage en raison du vent.

 

Heureusement la marina est bien protégée et le vent souffle moins fort à l’intérieur.

Nous nous amarrons sans problème.

 

Il reste une dernière formalité, la visite de la biosécurité qui est déjà là pour faire son travail.

Nous les accueillons très sympathiquement, ils font leur inspection, récupèrent nos déchets organiques, une vieille papaye et une aubergine, et tout est ok pour le reste.

 

Nous pouvons maintenant fouler le sol de cette grande terre de Nouvelle Calédonie.

 

Bon vent à tous

 

Sea yoU soon...

Entrée dans la marina du Port Moselle

Entrée dans la marina du Port Moselle

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D
Bravo pour votre traversée et bienvenue en (pour encore quelques mois) France. Pour le courant dans le canal Havannah voici ce que disent les instructions nautiques du SHOM: le courant s'établi environ 1 heure avant la pleine mer ou la basse mer. Les remous sont les plus forts à la renverse... texte complet disponible ici (paragraphe 2.1.1.5)
https://diffusion.shom.fr/loisirs/downloadable/download/sample/sample_id/68/
Répondre
F
Bonjour,
Merci pour l'info, effectivement ce document du Shom m'aurait été bien utile..
V
Cher Dominique Houellebecq, tu as bien raison de voir du Jekyll dans La Fontaine, à qui on ne la fait pas !
Cette très belle illustration indienne a été réalisée au 19è pour le grand voyageur Feuillet de Conches pour la fable La Chatte métamorphosée en femme.
LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE
EN FEMME (*)

Un Homme chérissait éperdument sa Chatte,
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaulait d'un ton fort doux :
Il était plus fou que les fous.
Cet Homme donc, par prières, par larmes,
Par sortilèges et par charmes, (1)
Fait tant qu'il obtient du Destin
Que sa Chatte en un beau matin
Devient femme, et le matin même,
Maître sot (2) en fait sa moitié.
Le voilà fou d'amour extrême,
De fou qu'il était d'amitié.
Jamais la Dame la plus belle
Ne charma tant son Favori
Que fait cette Épouse nouvelle
Son hypocondre (3) de Mari.
Il l'amadoue (4), elle le flatte ;
Il n'y trouve plus rien de Chatte,
Et poussant l'erreur jusqu'au bout,
La croit femme en tout et partout,
Lorsque quelques Souris qui rongeaient de la natte (5)
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
Aussitôt la Femme est sur pieds.
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir, Femme d'être en posture (6).
Pour cette fois, elle accourut à point ;
Car ayant changé de figure,
Les Souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce (7),
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout, certain âge accompli.
Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer.
Quelque chose qu'on puisse faire,
On ne saurait le réformer.
Coups de fourche ni d'étrivières (8)
Ne lui font changer de manières ;
Et, fussiez-vous embâtonnés (9),
Jamais vous n'en serez les maîtres.
Qu'on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres.

Plus clairement érotique encore, et tout aussi savoureux à décrypter : la capsule sonore de Musair avec le joli conte La courtisane amoureuse, esprits chastes s'abstenir. Tout est dans l'image mentale ! https://app.musair.fr/parcours/4/capsule/2
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F
Merci Val pour l’intégrale de cette fable que je ne connaissais point.

Les deux derniers vers, avec cette illustration m’évoquait l’amour à l’envers, « je t’aime moi non plus », l’exploration de la face cachée de la lune… il ne peut plus entrer par la porte, il entre par la fenêtre… une forme d’allégorie du tour du monde à l’envers… mon imagination était en pleine ébullition…

Mon esprit se trouble… Je ne retrouve plus cela avec la fable dans son ensemble, à moins de me tirer les cheveux à en faire des tresses…

L’illustration apparaissant avec ces deux seuls vers, j’oublie le reste et replonge dans ce monde fantasmatique…

Chassez le naturel, il revient au galop!!!
M
Dominique. J'ai beaucoup aimé ton texte décrivant votre arrivée en France de l'autre coté de la planète. tu as un vrai talent littéraire et te lire est un vrai plaisir. Il se trouve que je connais bien la Calédonie pour y être allé à plusieurs reprises pour mon boulot. Le territoire mérite d'être visité car il est d'une grande diversité naturelle avec beaucoup d'espèces endémiques. Le CIRAD a un représentant sur place qui est dans l'Ile depuis plusieurs années. Si tu souhaites avoir un contact avec lui pour qu'il vous parle un peu du pays je te donne volontiers son mail pour que tu puisses le contacter en mon nom. Tu me dis. Par ailleurs je sus comme toi un fan des romans de Houellebecq tout en détestant assez le personnage. Mais je n'ai pas lu Serotonine ayant été un peu déçu par Soumission alors que j'ai adoré tous les autres. Je comprends que je fais peut être une erreur et que celui-là aussi vaut la lecture. Tu me confirmes? On vous retrouvera , je ne sais pas quand, pour de vrai avec grand plaisir tant votre aventure fait rêver et la frustration de ne pas vous voir depuis si longtemps forte. On vous embrasse. Marianne et Michel
Répondre
F
Merci Michel pour ton commentaire. Oui c’est un magnifique endroit avec des paysages étonnants. Nous en faisons l’exploration avec des amis sur place entre les travaux sur le bateaux qui a besoin d’être vérifier avant la prochaine nav qui pourrait être longue.
Mais oui tu peux nous donner les coordonnées de ton ami, on prendra contact, c’est toujours intéressant de confronter les visions.

L’Indonésie a fermé ses portes et ne délivre plus de visas pour le moment. Si elle ne réouvre pas d’ici quelques 3 semaines, nous allons devoir décider ce que l’on fait, car la saison cyclonique approche… Partir pour une très très longue navigation où rester ici presque 8 mois en attendant la fin de la saison et en serrant les fesses, à causes des dépressions tropicales et du référendum de Décembre où la tension va monter…
On devrait être rentré d’ici deux ans, et ce sera un grand plaisir de vous retrouver… bizzzz

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