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Sea yoU

Sea yoU

Un bateau nommé DÉSIRS... Voyages, aventures, humeurs, voiles, récits et photos


TAHITI - FIDJI

Publié par Fabienne et Dominique sur 8 Juin 2021, 05:48am

TAHITI - FIDJI

Jeudi 13 mai (ascension)

 

«  mais on n’a pas reçu votre « clearance »... vous n’allez pas pouvoir partir aujourd’hui... »

 

nous dit un des cinq agents de l’immigration de l’aéroport de Faaa.

Heureusement, notre ami Jean-Philippe, nous a conduit tôt ce matin pour accomplir la dernière des innombrables formalités pour sortir de Polynésie.

 

Stupeur, étonnement, agacement contenu, colère pliée en 4 et soigneusement enfouie au fond d’une poche prête à être ressortie si on ne s’en sort pas avec la diplomatie.

 

« Mais on a tout fait dans les règles, dans les temps, vérifiez bien dans votre ordinateur » lui répond on et on ajoute

«  de toute manière on est obligé de partir aujourd’hui notre test n’est valable que jusqu’à 11h »

«  ohhh le test c’est pas grave, c’est juste une formalité... » nous répond sûr de lui ce maori en costume de policier.

 

nous insistons

«  on ne va pas en France en avion là, on part sur Fiji en bateau, les règles sont strictes et on vient de payer 34000fcp  de test (280€), c’est pas pour les perdre à cause d’une erreur de l’administration qui a pas envoyé le papier... »

En vrai on voulait dire

« à cause de glandus de l’administration payés comme des nababs, qui ne branlent rien et qui ne sont même pas foutus d’envoyer un papier....

 

Dans les bureaux de la PAF. (police air et frontière)

 

Petit conciliabule entre eux et par magie sans qu’ils ne nous disent rien tout est de nouveau possible. En fait ils ont un tampon du port et peuvent donc faire ce foutu papier qu’ils n’ont pas reçu.

 

On me fait rentrer seul dans un bureau, ( la présence de tous les membres d’équipage était obligatoire) et commence sous mes yeux un sketch des « inconnus ».

Ils sont là à 5. Un tape à l’ordinateur, une jolie jeune policière tient mon passeport, un autre met une feuille dans l’imprimante et attend qu’elle ressorte, il donne la feuille à un quatrième qui va la faire signer au cinquième.

Et le sketch se répète plusieurs fois, les rôles de chacun changeant pour que le côté comique soit encore plus fort..., jusqu’à ce moment d’une intensité presque insoutenable, la valse des tampons.

Quand on entend ce bruit si particulier du « clic clac » du tampon qui s’écrase pour laisser sa marque sur la feuille de papier ou le passeport, on sait qu’on est presque sauvé, que la fin du monde n’est pas encore arrivé, que Dieu existe et qu’il vient de nous donner son absolution.

 

Tout cela était somme toute, très sympathique et dans l’esprit polynésien, mais on découvre à quel point le Covid fait des ravages... tous ces fonctionnaires d’aéroport où il n’y a presque plus d’avion s’emmerdent au plus haut niveau de l’ennui. Pendant 20 mn nous leur avons redonné goût en l’existence...

 

On a enfin notre "clearance" de sortie

 

Il est 8h30 quand nous franchissons pour la dernière fois le portail de la marina de Papeete où nous étions presque chez nous. Depuis le confinement de mars 2020, nous y avons régulièrement établis nos quartiers toujours avec beaucoup de bonheur.

C’est certainement, depuis Port camargue, la marina où nous serons restés le plus longtemps.

 

 

A 10h nous larguons les amarres, avant que le vent, fort de ces derniers jours, ne se lève et complique la manœuvre de sortie.

Nos amis anglais Graham et Lesley nous font la surprise d’agiter un drapeau anglais avec un smile, en nous souhaitant « fair winds » ( « bon vent » pour ceux qui sont fâchés avec la langue de David Bowie)

 

Nos amies anglais Graham et Leslie

Nos amies anglais Graham et Leslie

Désolé pour la qualité de l'image, j'ai du agrandir une image de video, mais on voit quand même le drapeau

Désolé pour la qualité de l'image, j'ai du agrandir une image de video, mais on voit quand même le drapeau

Le vent se lève comme prévu dans le chenal entre Tahiti et Moorea, et la mer qui ne veut pas paraître paresseuse fait de même.

 

Estomac épuisé par tous les délicieux plats de Fabienne et des restaurants, foie saturé par les « happy hour » des 3B, les T-punchs et les apéros entre amis, accrochez vous bien aux parois, cela va tanguer sec.

 

Et pour tanguer, ça tangue... car une grosse houle de sud vient s’inviter à la danse des vagues qui ressemble plus au « jerck » qu’à la valse, ça part dans tous les sens...

 

Pour un début de grande traversée, on est tout de suite dans le bain et pas le temps de mettre un maillot... je pense que quelques lecteurs fidèles penseront « ça tombe bien ils n’en mettent pas souvent »...

 

Vendredi 14 mai

Et les réjouissances continuent dans la nuit.

Vers 2 heures du matin les éclairs déchirent en deux un ciel noir sans lune, et des trombes d’eau s’abattent sur Sea yoU pendant 4 heures.

 

Cette première nuit fut donc aussi blanche que les fesses d’une anglaise après l’hiver.

 

Autant dire qu’au petit matin notre capital vitalité était proche du néant.

 

C’était sans compter sur la dimension « bout en train » d’Eole qui nous gratifia d’un brutal changement de vent à 28/30nds.

 

C’est là qu’il faut puiser dans ses ressources que l’on croyait épuisées, gratter le fond du réservoir pour en ramener suffisamment pour faire le job.

Et bizarrement à chaque fois ça marche.  C’est un peu comme si on fabriquait à la demande, quand la situation l’exige, l’énergie dont on a besoin. L’adrénaline sécrétée et envoyée dans le corps par la nécessité de l’urgence doit y être pour quelque chose.

 

C’est donc boostés par cette drogue interne, que nous changeons de cap, réduisons la voilure et nous lançons dans un bon petit déjeuner réparateur.

Dernière sortie du port de Papeete

Dernière sortie du port de Papeete

Vendredi 14 mai

 

Et les réjouissances continuent dans la nuit.

Vers 2 heures du matin les éclairs déchirent en deux un ciel noir sans lune, et des trombes d’eau s’abattent sur Sea yoU pendant 4 heures.

 

Cette première nuit fut donc aussi blanche que les fesses d’une anglaise après l’hiver.

 

Autant dire qu’au petit matin notre capital vitalité était proche du néant.

 

C’était sans compter sur la dimension « bout en train » d’Eole qui nous gratifia d’un brutal changement de vent à 28/30nds.

 

C’est là qu’il faut puiser dans ses ressources que l’on croyait épuisées, gratter le fond du réservoir pour en ramener suffisamment pour faire le job.

Et bizarrement à chaque fois ça marche.  C’est un peu comme si on fabriquait à la demande, quand la situation l’exige, l’énergie dont on a besoin. L’adrénaline sécrétée et envoyée dans le corps par la nécessité de l’urgence doit y être pour quelque chose.

 

C’est donc boostés par cette drogue interne, que nous changeons de cap, réduisons la voilure et nous lançons dans un bon petit déjeuner réparateur.

TAHITI - FIDJI

Samedi 15 mai

 

Nous reprenons doucement nos marques de navigation, et notamment de gestion physique du corps.

Pendant les 3 ou 4 premiers jours je n’arrête pas de manger, et de boire, j’ai besoin de toujours avoir quelque chose dans le ventre, cela apaise immédiatement les éventuelles nausées en rapport avec la faim et le décalage de l’oreille interne.

J’ai beaucoup de mal aussi à vraiment dormir. Je peux reposer mon corps en me détendant, mais mon esprit est toujours en veille, il ne se repose jamais.  Au bout d’un certain temps, c’est presque dangereux car la confusion s’installe.

C’est fréquent là aussi les premiers jours de grande traversée. Heureusement Fabienne prend les choses en main et le soir même j’arrive enfin à trouver un court mais vrai sommeil.

 

Pour Fab c’est un peu plus compliqué, c’est une glaireuse...  Elle développe des glaires dans son tube digestif, qui l’incommodent fortement, lui créant nausée et acidité... pas très sexy pour définir ma belle vahiné...

TAHITI - FIDJI

Dimanche 16 mai

 

Ce matin sur Sea yoU, c’est ambiance « 50 nuances de gris ».

Pas parce que nous décidons d’exploiter les ressources en cordage de Sea yoU pour faire des expériences sado maso de « bandage », mais plus banalement à cause du ciel qui est plombé de nuages. Toutes ces masses célestes bourgeonnantes développent selon l’orientation de leurs bulbes des nuances qui vont du presque blanc au presque noir.

 

Dans la matinée un de ces monstres globuleux va se lâcher sur nous en apportant des rafales à plus de 30 nds. Ce nuage « fontaine » nous arrosera copieusement pendant plusieurs heures, et d’autres prendront le relais jusqu’au soir.

TAHITI - FIDJI

Lundi 17 mai

 

Aujourd’hui, les premiers petits soucis ordinaires sur un bateau se révèlent lors d’une inspection suite à un incident cette nuit. Le génois s’est échappé du tangon lors d’une manœuvre de réduction de voile dans un grain.

Il faut toujours régler ces problèmes au plus vite pour éviter qu’ils n’empirent et que le matériel casse au plus mauvais des moments, quand on a cruellement besoin de lui.

C’est une écoute qui rague sur le tangon et s’use, qu’il faudra réparer et protéger.

 

Mais l’histoire la plus originale de ce jour est celle, qui m’arrivera à 3 h dans la nuit de lundi à mardi.

 

«  allô, oui bonjour, je vous appelle en plein milieu du pacifique avec mon téléphone satellite, pour faire opposition à ma carte « Amex »

 

5 jours plus tôt:

 

Mon abonnement annuel d’achat de minutes pour mon téléphone satellite va s’arrêter le 24 mai pendant que nous serons en mer. Prévoyant, je contacte mon agent à Paris pour lui donner les consignes de ce que je veux acheter et donner les coordonnées d’une nouvelle carte bancaire avec laquelle je peux payer en dollars, car mon fournisseur est américain.

 

2 jours plus tôt

 

J’envoie un mail à mon agent pour savoir si tout est ok, pour la transaction des 875$. Je me méfie car si je n’ai pas de confirmation, je peux me retrouver brutalement sans possibilité de charger la météo, ou de communiquer avec l’extérieur.

 

1 heure 30 plus tôt

 

Je suis en train de me recoucher après avoir fait mon tour d’inspection visuel autour du bateau, quand je vois le téléphone satellite Iridium qui s’allume, tremble, et émet des petits cris d’oisillon apeuré.

«  vous avez reçu un nouvel SMS » je lis sur l’écran

 

« Mr Bar carte pas passée, mieux contact SMS, voila numéro.... »

 

« Bon sang de bonsoir... ils vont finir par me planter... » pensais je à voix haute.

 

« je vais leur envoyer tout de suite les coordonnées d’une nouvelle carte, pas un instant à perdre »

 

Je note le numéro sur un bout de papier, je prends soin de le relire deux fois pour être sûr. Je prépare mon SMS, avec toutes les infos, numéro, date d’expiration et code de sécurité.

 

Quand je lui envoie en mail je fais 2 mails, au cas où un serait piraté, toutes les informations ne sont pas sur le même envoi. Mais là, je trouve inutile cette sécurité, un SMS ayant peu de chance de se faire intercepter. ( je pense que ce ne sont pas les mêmes réseaux). Et je finis en demandant confirmation de la réception.

« Envoi » et hop c’est parti...

 

30 mn plus tôt

 

Je n’ai toujours pas de réponse de mon agent.

Cela m’étonne plus que cela m’inquiète.

J’attends encore 10 mn et cela commence à m’inquiéter plus que de m’étonner.

 

Mon cerveau envisage toutes les possibilités, elle est morte en recevant mon SMS (pourquoi pas) elle vient d’être arrêtée par la police pour trafic de minutes d’Iridium (peu probable), son amant vient de la rejoindre et ils essaient la 93 zième position du kamasutra dans les toilettes ( c’est possible, on est en France le pays de l’amour)... je vais quand même vérifier le numéro de téléphone pour éliminer totalement cette hypothèse farfelue, une erreur de ma part...

 

Damned.... j’ai confondu le 3 et le 8...

 

«  mais c’est pas vrai!!! j’ai envoyé toutes les coordonnées de ma carte à un inconnu dans la nature » dis je à Fab qui vient de se réveiller intriguée par cette animation nocturne qui n’était pas au programme de la croisière...

 

15 mn plus tôt

 

«  je vais appeler le numéro » lui dis-je « on verra s’il y a quelqu’un... après tout c’est peut être un numéro non attribué...

 

« Allô » merde ça décroche...

 

«  oui je viens de vous envoyer un SMS par erreur, vous l’avez reçu? »

 

« Oui, mais je n’y ai pas fait attention, on reçoit tellement de trucs... »

 

Il a l’air tout d’abord, un peu endormi, pourtant il est 15 h en France. Peut être que je l’ai sorti de sa sieste. Il me parait sincère et honnête, et ce qu’il dit est certainement vrai.

Mais est-ce que mon appel ne va pas attiser sa curiosité. Peut être est il déjà en train d’aller le lire et d’échafauder je ne sais quel stratagème machiavélique pour utiliser les renseignement précieux que je lui ai fournis par erreur.

Il pourrait les garder sous le coude quelques mois le temps que j’oublie cette histoire et les utiliser  ensuite....

 

Fab me dit

«  il faut tout de suite faire opposition »

 

0 minute plus tôt

 

«  allô, oui bonjour, je vous appelle en plein milieu du pacifique avec mon téléphone satellite, pour faire opposition à ma carte « Amex »

 

Je lui raconte toute l’histoire, et il me confirme qu’il serait plus prudent de faire opposition.

Il me pose une demi-douzaine de questions de sécurité pour confirmer mon identité, la date de naissance de ma mère, le numéro de sécu de mon père, le troisième prénom du fils aîné de la tante de mon grand-père.... je réponds à tout...

 

«  très bien Monsieur vous allez recevoir une nouvelle carte dans 3 jours » me dit-il d’une voix entraînée à répéter tout le temps les mêmes textes préformatés »

 

«  mais je suis au milieu de l’océan!! »

 

«  vous l’aurez à votre retour, ou on peut vous l’envoyer partout dans le monde »

 

«  vous pouvez livrer à Fidji? »

 

« Ha!!! Non, Fidji ce ne sera pas possible »

 

« ok je vais me débrouiller »

 

D’un seul coup, il prend conscience du côté un peu surréaliste de notre conversation, et je sens sa voix qui change et se détend.

 

«  vous êtes en plein océan , vers Fidji!! Bonne navigation alors »

 

Je le remercie et mets fin à cette communication.

Je pense que dans ses journées ennuyeuses de travail à un standard Amex, il n’a pas souvent ce genre d’appel, qui peut être sera le départ d’une nouvelle vie, il en faut si peu parfois.

 

15 minutes plus tard

 

Nous allons nous recoucher dans nos lits respectifs, Fab dans la cabine arrière et moi dans le carré, pour assurer toutes les 90 mn un tour d’horizon et ne pas la réveiller.

 

Configuration du carré pour les grandes traversées, la table se transforme en lit double.

Configuration du carré pour les grandes traversées, la table se transforme en lit double.

Mardi 18 mai

 

La mer est toujours agitée, le vent souffle aux alentours de 20 nds.

Depuis plusieurs jours, nous portons le génois tangonné avec la trinquette en ciseaux.

Pour les non initiés, cela veut dire que le vent nous arrivant par l’arrière (portant) nous maintenons sur un côté notre voile d’avant principale (génois) avec un tube prévu pour cela (tangon). De l’autre côté nous mettons notre voile d’avant plus petite, prévue pour le vent fort (trinquette). C’est ce qu’on appelle mettre les voiles en ciseaux.

 

Hier je vous ai parlé de cette écoute de génois qui s’est usée prématurément par frottement.

Donc aujourd’hui nous avons changé le génois de bord (côté), pour libérer l’écoute et la réparer. Nous en avons coupé un bout et confectionné une protection à l’endroit où cela rague. Car si on coupe 50 cm tous les 3 jours on va finir par être un peu court.

TAHITI - FIDJI

Mercredi 19 mai

 

Au petit matin, nous approchons de l’atoll de Palmerston.

Seule terre à proximité de notre route, j’en avais déjà entendu parlé à l’émission Thalassa il y a bien longtemps. Nous décidons de nous dérouter légèrement pour aller voir à quoi ressemble cet endroit.

 

William Marsters en 1863 arriva pour s’installer sur cet atoll perdu avec ses 3 femmes polynésiennes. Il a eu 23 enfants, et les 50 habitants d’aujourd’hui sont tous les descendants de ces 23 enfants.

Ces résidents sont extrêmement accueillants car ils ne voient pas grand monde. Ils ont disposé des bouées pour les voiliers de passage.

Ils sont toujours ravis d’accueillir des étrangers qui à l’occasion, peuvent même aider à régénérer un peu le sang de ses habitants.

Coutume fréquente par le passé dans les îles perdues du pacifique où l’on offrait aux marins de passage une vahiné pour la nuit en espérant qu’il lui fasse un enfant.

 

Nous contournons donc l’île par le sud, constatons qu’elle semble vraiment magnifique et que son lagon au mélange bleu vert serait une merveille à découvrir.

 

MAIS... avec ce foutu Covid, on ne peut pas s’arrêter. Pour deux raisons, nous devons faire la route directe pour être acceptés sans quarantaine à Fidji, et l’île dépend des îles Cook, qui sont fermées à tous visiteurs pour le moment.

 

appel radio sans résultat

 

Nous ferons plusieurs tentatives de contact radio avec la VHF, mais sans résultat.

 

Mon généreux don de sperme attendra....

TAHITI - FIDJI

Jeudi 20 mai

 

Je n’en ai pas encore parlé, le temps passe si vite... mais nous étions 3 bateaux à quitter la marina de Papeete le même jour pour la même destination Fiji.

Un bateau anglais, Barracuda. Le capitaine écossais Graham navigue avec sa femme Kate, qui est anglaise, sur un OVNI 395

Et un bateau américain, Ibis. Un couple, Porter et Helen avec deux filles ados, Grace et Lilly ont quant à eux un AMEL 54.

 

Les 3, 4 premiers jours nous naviguions à vue avec Ibis tantôt lui devant tantôt nous. Ma combinaison génois trinquette en ciseaux, (quand ma trinquette située plus en arrière renvoie son vent dans le génois) est redoutablement efficace.

( je précise entre bateau qui n’ont pas de Spinnaker)

 

Porter fut surpris que ce petit 40 pieds passe devant.

La différence se fait ensuite sur le confort à bord. 7 à 8 nds dans une mer très agitée c’est vraiment pas de tout repos sur un 40 pieds de série, alors que sur un 54 pieds ça passe beaucoup mieux. Le bateau est plus grand, plus large, plus lourd.

Alors nous avons ralenti pour retrouver un peu de qualité de vie à bord.

 

Barracuda lui tire des bords du nord au sud, certainement pour faciliter l’utilisation de son régulateur d’allure. ( système de pilotage automatique qui travaille avec le vent). On le voit donc apparaître sur nos écrans par moment.

 

Tous les trois nous sommes en contact régulier avec nos téléphones satellite Iridium. On s’envoie au moins une fois par jour des messages pour donner nos positions et des nouvelles sur la vie à bord, la météo ou la situation COVID à Fiji.

 

Même si maintenant plus personne ne se voit, on sait que l’on n’est pas très loin les uns des autres, et c’est amusant cette petite armada.

 

Cela fait maintenant une semaine que nous sommes partis, et nous avons dépassé la moitié de la distance que nous devons parcourir.

La deuxième moitié d’un parcours est toujours la plus rapide.

C’est comme une bouteille de vin, tant qu’il en reste plus de la moitié on se dit qu’il y en a encore beaucoup, mais dès qu’on franchit cette limite, on sait qu’elle sera vite descendue.

TAHITI - FIDJI

Vendredi et samedi  21/22 mai

 

Éole est très capricieux ces deux derniers jours. Il va, il vient, il part, il s’excite, il se calme. Et nous on manœuvre, de jour comme de nuit, même si en général on s’arrange pour avoir un réglage moyen qui puisse tenir la longue nuit d’hiver austral.

On met le tangon puis on l’enlève, on prend un ris ou deux puis on les relâche.

 

Mais il y a beaucoup de grains en ce moment qui apportent en cadeau de grosses pluies et de forts vents changeants. Tant qu’il n’y a pas d’orages cela nous va.... (toujours traumatisés par ceux des San Blas Panama)

 

Il faut dire que nous sommes obligés de traverser la SPCZ (South Pacific convergence zone).

La SPCZ est une caractéristique du Pacifique sud.

C’est en quelque sorte, une zone équivalente à la ZIC (zone intertropicale de convergence), que l’on retrouve partout dans le monde au niveau de l’équateur. C’est une bande de turbulence qui sépare les deux hémisphères. Dans l’Atlantique, elle est plus connue sous le nom de «  pot au noir ».

 

Ici dans le pacifique sud, il y a les deux, la ZIC et la SPCZ.

Cette dernière se déplace mais elle s’étend généralement du Vanuatu au sud de iles Cook en passant par Fidji et les Tonga.

Elle est plus ou moins large selon les circonstances, mais c’est toujours un endroit de temps très perturbé.

Les après-midis cinéma sur l'ordi...

Les après-midis cinéma sur l'ordi...

Dimanche 23 mai

 

Vers une heure du matin, le vent se met en grève générale. Il vient d’adhérer à la CGT. On n’a pas envie de mettre le moteur, alors on rentre les voiles pour ne pas les entendre claquer avec le roulis des vagues, on va se coucher et on laisse Sea yoU à la dérive.

 

Au petit matin, les négociations ont dû aboutir dans la nuit et la grève est terminée. On hisse de nouveau les voiles.

 

Nous n’avons mis qu’une fois la canne à l’eau depuis notre départ, mais ce jour là on allait trop vite pour qu’un poisson saute sur notre leurre, il ne serait resté que la mâchoire au bout de l’hameçon...

 

Aujourd’hui on est nettement moins rapide, et on remet cela.

Le fil se déroule avec ce cliquetis puissant, reconnaissable entre des milliers, celui du moulinet qui laisse courir son fil.

A son extrémité un joli leurre orange fluo qui a déjà fait ses preuves à plusieurs reprises, fend la surface de la mer en agitant ses tentacules, imitant un poulpe ou un calamar.

Je mets en place le frein de fil et le règle au jugé pour un poisson d’un bon poids.

 

Après une petite heure, j’aperçois des oiseaux en bande qui sont dans le secteur. Pour le moment ils sont à gauche de Sea yoU au loin.

Je les observe et je vois qu’ils plongent dans la mer. Cela veut dire qu’il y a un banc d’alevins ou de petits poissons, de la taille de ceux que peuvent avaler un oiseau.

Mais quand il y a des petits poissons, il y a toujours les gros qui rôdent et prélèvent aussi leur repas.

 

Les oiseaux sont maintenant derrière nous, et comme j’ai mis beaucoup de ligne, ils ne sont pas très loin de mon leurre. Je sens que cela va mordre...

 

Pas plus d’une minute après, le fil se tend, et le moulinet part dans un sifflement qui nous fait jaillir de nos bancs.

Je me précipite sur la canne qui plie comme un roseau en plein vent.

Et Fab qui sait ce qu’elle a à faire se prépare pour l’accueil de la prise. Ouvrir le tableau arrière, enlever les filières, prendre la gaffe pour ramener le fil au dernier moment, et surtout le petit coup de rhum de derrière les branchies pour le passage dans l’au-delà.

 

Tout est prêt.

«  c’est un mahi mahi » dis je à Fab.

«  regarde il saute au loin »

«  super.. on en n’a pas eu depuis l’atlantique... whaou!!! Il est beau »  répond-elle.

 

J’enroule péniblement le fil en appuyant sur la manette du moulinet. Nous n’avons pas eu le temps de freiner le bateau, alors ça tire, ça tire rudement, je reprends un à deux mètres, et en reperds autant.

 

Et le mahi mahi qui saute au loin... il me regarde, il veut comprendre certainement ce qui lui arrive.

Il fait un ultime saut plus haut et retombe lourdement dans la mer. C’en est trop, je sens un grand relâchement brutal dans le fil, et j’enroule maintenant facilement...

« Et merde, on a cassé »

Nous sommes déçus par cette fin brutale de nos espoirs de manger ce soir du poisson frais.

 

Je remets un nouveau leurre. Plus sobre dans les tons bleutés avec quand même quelques paillettes, il a déjà lui aussi quelques étoiles à son tableau de prises.

 

Il faudra attendre la fin de l’après midi pour que de nouveau le cri strident du moulinet qui s’emballe retentisse dans le bateau.

 

Mais cette fois le moulinet va à une incroyable vitesse, je saute sur la canne et essaie de le freiner, impossible, le fil continu de se dérouler sans que je ne puisse rien faire.

Je vois la bobine qui diminue inexorablement, le frein est au maximum, je ne peux rien faire qu’espérer que la bête se calme un peu... et le bateau qui va vite lui aussi, augmente encore l’effet de poids sur la ligne...

 

Et soudain, comme ce matin, je sens que tout vient de lâcher.. je remonte mon fil sans mon leurre.

Celui ci devait être très gros, car je n’ai jamais vu cela. Le moulinet au frein maximum qui laisse le fil courir comme si de rien n’était.

 

Deux leurres dans la journée, cela commence à faire cher le kilo de poisson non attrapé.

 

Le Pécheur de Rodin pensif...

Le Pécheur de Rodin pensif...

Lundi 24 mai

 

En ce début de matinée, l’océan se prend pour un lac. On pourrait presque voir les nuages se refléter sur sa surface, mais un léger frisottis l’empêche d’être un miroir.

 

Fab me regarde et me dit:

« Et si on prenait un bain dans l’océan »

J’avoue être étonné de sa part par cette proposition. Car, si elle aime l’aventure, ce n’est pas non plus Mike Horn.

Que les milliers de mètres d’eau sous le bateau et les créatures diverses qui y vivent ne la rebutent pas me ravie et me surprend un peu.

Je m’empresse de répondre qu’effectivement c’est le bon moment pour faire cette expérience, avant que son mental ne la pousse plus loin dans la réflexion.

 

J’ajoute:

« Ok, mais il y a des consignes de sécurité à appliquer »

«  une personne à la fois dans l’eau, je laisse traîner une corde flottante qu’il faudra tenir »

 

En effet le plus grand danger, est que brutalement une risée se lève, gonfle la voile et n’éloigne le bateau du baigneur. Si l’autre est à bord pas de problème, sinon on n’a plus qu’à faire un millier de km à la nage.

 

Le temps de ne pas mettre de maillot, et voilà Fab qui se lance à l’eau, pour sa première baignade  océanique.

 

 

L’eau est d’une transparence incroyable, et sa température est parfaite.

 

Je surveille les environs pour repérer le moindre signe de reprise du vent, ou d’aileron en quête de repas.

 

Puis c’est à mon tour, de goûter aux plaisirs sensuels d’un bain nu au milieu de nulle part, entre le ciel et l’eau pure d’un océan fascinant.

 

Je profite de l’occasion pour inspecter ma coque, pas d’anatifes. Ces petits mollusques se collent sur la coque, surtout à l’arrière, on en avait des centaines en arrivant aux Marquises.

On peut même dire que globalement ces 10 premiers jours de mer ont plutôt nettoyé la coque qui avait accumulé beaucoup d’impureté dans la marina de Papeete.

 

 

Nous passons au nord des îles Tonga où nous ne pourrons malheureusement pas nous arrêter une fois de plus. Pour moi c’est la deuxième fois que je traverse cet archipel sans pouvoir m’y arrêter...

La première fois c’était en 2002 lors du convoyage du bateau d’un ami entre Tahiti et Nouméa, le skipper était pressé, alors pas d’arrêt... je suis maudit des Tongas.....

on en profite pour faire un bon lavage...

on en profite pour faire un bon lavage...

Nuit du lundi au Mardi 25 mai

 

L’océan est comme une photographie de Jean lou Sieff, il aime les contrastes violents.

De la sereine et paisible tranquillité de la journée de la veille, nous basculons dans l’enfer d’une nuit sans fin.

 

Dans la première moitié, ce sont les grains qui se succèdent dans une nuit noire. Le ciel est trop couvert pour laisser passer le moindre rayon d’une lune blafarde qui n’est qu’au début de son ascension.

On ne les voit donc pas arriver, et c’est au dernier moment que le vent monte et qu’ensuite la pluie arrive. On passe d’une navigation cool à 12/15nds a brutalement 25nds. Mais bon cela on finit par en prendre l’habitude, mais ce qui est surtout gênant c’est qu’on n’a pas le temps de se reposer. Il faut constamment manœuvrer et surveiller.

 

Puis vers quatre heures du matin, le vent change brutalement de direction, et en une minute il souffle à plus de 30nds. En soit ce n’est pas exceptionnel, nous avons eu 36 nds sous un grain au portant il y a quelques jours et Fab ne s’est même pas réveillée...

 

C’est la mer qui pose problème, elle se lève en un rien de temps. La mer du vent doit se combiner à une forte houle qui n’est pas forcément dans le même sens... mais on y voit rien...

D’une allure portante nous nous retrouvons au près. Même avec deux ris et la trinquette, le bateau devient difficilement contrôlable par le pilote automatique qui a du mal à maintenir le cap.

 

Les vagues sont énormes, elles ont dû grossir avant d’arriver. Sea yoU en gravit un versant pour s’écraser de l’autre côté dans un claquement assourdissant. Tout tremble à l’intérieur et l’on craint parfois que cette somme toute « petite embarcation » ne se fracasse en retombant de tout son poids sur une eau devenue du béton.

La nuit noire comme de l’encre empêche de voir ce qui se passe à l’extérieur, et surtout comment les vagues nous arrivent dessus car il semble ne pas y avoir de logique.

 

Je suis dans le cockpit presque impuissant. La pluie fouette le pont, passe sous le bimini et s’abat sur moi, je suis trempé jusqu’aux os, car j’ai juste eu le temps de mettre un petit imper léger, pas une veste de quart. Un peu plus tard elle deviendra indispensable.

Puis c’est une première vague qui passe au dessus du pauvre Sea yoU. Elle bouscule le bateau qui fait un écart, puis vient s’écraser dans cet abri illusoire où je m’accroche pour ne pas tomber.

Je suis surpris de la chaleur de cette eau salée qui contraste avec la fraîcheur de l’eau de pluie. C’est presque agréable....

Puis c’est une autre, et encore une autre, espacées heureusement, mais toujours aussi violentes.

 

Par deux fois j’essaie de ramener manuellement Sea yoU dans une allure de fuite au portant, mais à chaque fois le vent s’engouffre dans la voile, encore trop grande, au moment d’un départ en surf.  Il est impossible de le retenir, il part au lof et se retrouve travers aux vagues.

 

Je reste donc au près, prend un troisième ris dans la grand voile, et enroule la trinquette pour ne laisser qu’un mouchoir de poche à l’avant.

J’arrive maintenant à maintenir un cap qui est loin d’être confortable, mais il tient.

Il est 4 heures du matin, et le jour ne se lèvera pas avant 7h30... il faut tenir..

Fab est dans le carré, et elle attend pour savoir si j’ai besoin d’aide. Elle essaie de chasser les angoisses qui l’assaillent.

Quand on est dans l’action, pas le temps de laisser les idées sombres du mental s’installer, il faut agir, c’est quelque part plus facile.

 

Les premières lueurs du jour sont une vraie libération. Je vois enfin mes assaillants. Je prends la barre, mets la toile nécessaire pour avoir un peu plus de vitesse et négocie les vagues une par une pour ne plus les subir.

Ce n’est que vers midi que tout cela s’apaise enfin et que je confie à nouveau Sea yoU au pilote automatique.

 

En fait, l’explication de toute cette galère météorologique, c’est que nous avons croisé un front « occlus », celui qui termine le passage d’une dépression. Il y a dans l’ordre d’abord un front chaud, puis un front froid ( dont tous les marins se méfient) puis le front occlus qui apporte beaucoup de pluie, mais apparemment aussi du vent.

J’avoue que je ne me méfiais pas assez de ce front occlus que j’avais vu sur les prévisions.

On apprend toujours en mer...

Pas toujours facile de se confronter aux océans...

Pas toujours facile de se confronter aux océans...

Mercredi 26 mai

 

La mer est redevenue presque plate... nous voguons aux alentours de 5/6 nds, avec un bon petit vent, le moment idéal pour relancer la ligne... enfin le dernier leurre qui nous reste après l’hécatombe de la dernière fois.

Ohhhh ce doux bruit du moulinet qui réagit à un poids qui s’ajoute à celui de l’appât...

Yesssss... we get it... je remonte assez facilement la ligne, ça tire mais pas trop... parfois je me demande s’il y a encore quelque chose au bout...

Fab est parée, prête pour le coup du père Labbat... sauf que ce sera un vulgaire rhum de basse extraction...

Ohhh un petit thonthon... ou plutôt une bonite de 3kg... de quoi faire deux bons repas... parfait on en voulait pas plus...

TAHITI - FIDJI

Jeudi 27 mai

 

Cela fait maintenant 2 semaines que nous sommes partis, et nous savourons notre dernière coupelle de fruits frais. Pas mal déjà d’avoir tenu si longtemps.

 

Nous commençons à calculer notre date et heure d’arrivée, car nous devons prévenir l’agent et les autorités de la proximité de notre venue.

 

D’après notre position et les prévisions météo, nous devrions arriver vendredi, certainement en fin de soirée.

Cela ne nous arrange pas. Arriver de nuit n’est pas envisageable, pour deux raisons: la première est que nous n’aimons pas cela du tout dans un endroit que l’on ne connaît pas, et la seconde est que de toute façon nous devons contacter les autorités qui seront à cette heure là chez elles devant un bon repas.

 

Donc ce sera dimanche matin.

Dernière coupelle de fruits frais pour le breakfast....

Dernière coupelle de fruits frais pour le breakfast....

Vendredi 28 mai qui devient samedi 29

 

J’envoie un message à Dolly de la Copra Shed Marina pour lui confirmer que nous arriverons le dimanche 30 mai... et oui pas d’erreur, ce ne sera pas le 29, mais bien le 30 mai.

Oh voleur!!!!! On nous a chipé une journée...

Dans les Caraïbes on vole des dinghys, dans le pacifique on vole des journées... mais dans quel monde vivons nous!!!!

 

Le voleur s’appelle « ligne de changement du temps ». Nous sommes juste au milieu de notre voyage autour du monde. Nous naviguions jusqu’à présent à l’ouest de la terre et arrivons à la longitude 180° Ouest. Maintenant nous basculons dans la moitié Est de la terre, et sommes  à la longitude 180° Est.

De l’autre côté de la terre il y a la longitude de référence, celle de Greenwich 0°.

 

C’est donc un nouveau voyage qui commence pour nous, celui du retour...

TAHITI - FIDJI

Samedi 29 mai

 

Bien sûr comme souvent, les prévisions météo sont sous évaluées.

Au lieu des 10/12nds annoncés,  c’est un vent moyen de 18nds qui souffle tout au long de cette nuit qui, pour couronner le tout, est une nouvelle fois très pluvieuse.

Ce qui est radicalement différent, car avec un tel vent on pouvait tenter le coup d’arriver avant la nuit du samedi.

 

Alors que là, je passe mon temps à réduire la vitesse de Sea yoU. On n’a plus de voile d’avant et deux ris dans la grand voile qui est bordée alors qu’on est au portant... et même comme cela je vais encore trop vite...

Ceux qui connaissent un peu la voile verront un peu de quoi je parle.

 

Mais bon, voyons le bon côté des choses, les bras de Morphée m’accueillent toutes les heures pour me bercer et me permettre de passer une nuit très correcte côté sommeil.

 

Aux premières lueurs de l’astre qui nous éclaire, le vent est un peu retombé. Dans le ciel toujours gris, des nuages épais continuent à déverser sur nous leur excès d’humidité.

 

Comme un rideau sur une scène de théâtre, cette bruine « brouillardeuse » préserve le mystère du décor de la pièce qui va se jouer pour nous dans les prochains jours, les prochaines semaines...

 

Nous naviguons toujours dans le « Nanuku passage », au milieu de terres que nous ne voyons pas.

D’un seul coup le rideau se lève, nous découvrons le décor, une première île de l’archipel de Fiji.

Les acteurs sont déjà en scène, c’est nous,,,

 

Instant toujours émouvant que la vision de la terre après 16 jours de mer.

 

TAHITI - FIDJI

Dimanche 30 mai

 

La dernière nuit est très tranquille, car le vent est faible.

Mais il nous reste encore une quarantaine de miles à parcourir avant d’entrer dans le chenal qui mène à la Copra Shed Marina. Une petite voile d’avant nous suffit pour faire les 3 nds/h nécessaire à notre arrivée au petit matin.

 

C’est vers 8 h que je prends la VHF:

 

« Copra Shed Marina, Fiji Navy,,,, Copra Shed Marina, Fiji Navy... from Sea yoU.. Sea yoU.. do you read me... over »

 

Pas de réponse... je continue d’avancer car nous sommes encore à 2 miles de l’entrée de la baie, et Ibis nous a prévenu que leur signal radio est faible.

 

Nous nous rapprochons donc au maximum de ce qui nous est autorisé et réitérons notre appel...

Une voix sort enfin de notre appareil... il y a bien quelqu’un en ce dimanche matin...

Il nous pose quelques questions et nous informe qu’un canot de la Navy va venir pour nous indiquer le lieu de la quarantaine.

 

Une quinzaine de minutes plus tard nous suivons dans le chenal ce canot avec 2 personnes à bord et nous nous dirigeons vers un bassin qui sera bientôt la future nouvelle Marina.

Il y a un militaire en treillis et Vili qui est en fait le « dock master » de la marina.

Ils nous assistent pour nous amarrer, une ancre à l’avant, et deux amarres attachées à terre.

 

 

3 bateaux sont déjà là en attente, Barracuda et Ibis nos amis arrivés juste avant nous, et En Passant un bateau Irlandais.

 

Vili nous souhaite la bienvenue, et nous avertit que le test ne pourra pas se faire aujourd’hui car c’est dimanche.

 

Nous commençons à ranger le bateau, et nous recevons un appel par la VHF, pour nous annoncer que l’équipe médicale sera là dans 20 mn pour le test.

OK... je monte dans le cockpit et je vois que le canot avec des gens déguisés en vers luisant est déjà là.

Les choses changent vite ici,,,

 

 

 

Ils nous posent toute une série de questions, sur notre provenance, notre état de santé.... prennent notre température...

Puis une jeune femme hermétiquement habillée de la tête aux pieds, vient pour nous chatouiller le nez avec sa baguette chercheuse de virus..

Elle nous annonce que l’on aura les résultas demain matin.

 

Vili revient une heure plus tard pour nous donner une carte SIM avec 40Go de data que nous avions demandée  au préalable et un petit cadeau de bienvenue, un joli sac avec une pochette contenant des produits de beauté locaux ainsi que divers guides touristiques.

La Polynésie pourrait s’inspirer de l’accueil chaleureux que reçoivent les voiliers à Fiji.

 

 

Nous passons une nuit immobile, pas un seul mouvement du bateau, cela fait presque bizarre.

 

 

Lundi 31 mai

 

Vers 9 h, on nous appelle de nouveau pour nous avertir que, bonne nouvelle, nos résultats sont négatifs.

Ils vont venir chercher les 4 bateaux pour les conduire à la marina dans l’ordre d’arrivée afin de terminer les formalités d’entrée. Nous serons donc les derniers.

 

Les choses traînent un peu en longueur, car un bateau semble assez difficile sur le choix de sa place, il en changera 3 fois... 

 

Nous voilà donc amarrés sur le quai flottant en bois de la charmante petite marina très « English style », face au restaurant et au bar, endroit stratégique.

 

 

Les représentants des autorités sont installés sur une table du bar et reçoivent les capitaines l’un après l’autre. Il y a là, les douanes, l’immigration, la bio sécurité, et la santé.

 

 

Nous sommes un peu inquiets sur la bio sécurité, car c’est eux qui sont sensés fouiller le bateau à la recherche de denrés non autorisées, beurre, fromage, crème, fruits, légumineuses, miel, viande... mais aussi coquillage, bois, trace de terre sur les chaussures.....

Et puis la douane qui doit vérifier notre stock d’alcool...

 

On a tout bien fait dans les règles...

On s’est goinfré de toutes les choses interdites avant d’arriver pour finir nos stocks. Par contre l’argile verte on l’a cachée.... Fais quelques prières aux dieux pour nos statuts en bois, chapeaux de paille, paniers en « niau » et colliers de coquillages. On avait juste quelques bières en plus des quantités autorisées.

 

Et bien à part me poser un demi-million de questions, souvent les mêmes, remplir et signer quinze mille documents, personne n’est monté à bord.

 

A 14h30 tout est enfin fini, nous pouvons déguster une bière locale bien fraîche et tester le restaurant de la marina qui nous sert un excellent curry de poisson à l’indienne.

 

 

 

Sea yoU soon

 

Bon vent à tous

 

 

Coucher de soleil à la marina de Savusavu

Coucher de soleil à la marina de Savusavu

Notre parcours de Tahiti à Fidji

Notre parcours de Tahiti à Fidji

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Commenter cet article

Marc 17/06/2021 18:52

Bonjour vous deux. Quel doux plaisir que de vous lire, vous voir (photos), vous sentir, et pouvoir vivre ainsi ces beaux moments par procuration. Un pur délice, comme du Vivaldi.
Même si vous et nous sommes aux antipodes, je me sens comme si j’étais à bord de SeaYou. Un GROS merci pour vos récits, et des GROSSES bises à vous, de nous tous au Québec.
Marc

Fabienne et Dominique 23/06/2021 05:31

Merci Marc pour ce message qui nous va droit au cœur. Nous rencontrons souvent des québécois et cela nous rappelle toujours la famille là-bas au pays de l’hiver, nous qui sommes toujours en été. On vous embrasse tous... et on a hâte de vous revoir

JP 09/06/2021 22:52

Ça y est je viens de passer une heure à lire ta prose. J’avoue avoir presque vécu avec vous cette traversée homérique. On vous suit à la trace les amis, profitez bien et à bientôt, malgré tout, sur notre fichue planète ... Et ce soir, on se fait un petit rhum « Papa la Mort » en pensant à vous.

Fabienne et Dominique 11/06/2021 22:02

Ahhhh le papa la mort... on en rêve ici....
C’etait le bon temps.....mon bon monsieur... il me reste un fond de mon rhum arrangé qu’on ose pas boire...
on se recroisera un jour sur la terre c’est certain... et on fera la fête comme d’habitude....bizzzz

anne 09/06/2021 14:18

Apparemment, traversée éprouvante. Je suis certaine que le jeu en vaut la chandelle.
Gros bisous et reposez vous maintenant !
Anne

Fabienne et Dominique 11/06/2021 21:54

Ça y est, après 15 jours dans la marina, on est prêt pour de nouvelles découvertes.
Les gens ici sont adorables avec nous et on se sent vraiment très bien.
Bizzzzz

Fred 09/06/2021 12:47

Hello!
Cela fait vraiment un grand plaisir de te relire et de poursuivre la lecture de ce vrai roman de vos aventures. On en veut encore ! ;)
Reposez-vous bien et profitez de ces nouvelles terres.
Combien de temps y resterez-vous?
De notre côté, prochain voyage la semaine prochaine, Marseille ! De port à port... mais en voiture! Beaucoup moins fun !
Bizzz

Fabienne et Dominique 11/06/2021 21:50

Merci Fred,
On devrait rester au moins jusqu’en aout. On doit faire le carenage puis on espere que des pays vont un peu changer leur politique bizzzz à vous deux

Peybernes Jean-Claude et Jacqueline 09/06/2021 10:45

Bonjour,
C’est toujours avec grand plaisir que nous avons lu votre traversée sur les Fidji. Bonne continuation,...
JC et J

Fabienne et Dominique 11/06/2021 21:46

Merci à vous d'être de fidèles lecteurs de notre blog

Renaud 09/06/2021 05:31

Bonjour,
Allez vous venir à Nadi ?

Fabienne et Dominique 23/06/2021 05:26

Ok sympa... je suis désolé le précédent commentaire était signé Renaud, et j’ai confondu avec un ami de Tahiti, et j’étais étonné qu’il me pose cette question... Nous devrions être là début août pour faire le carénage puis partir pour on ne sait pas où puisque tout est presque fermé. Et on a pas envie de refaire une quarantaine pour retourner dans les îles d’ici. C’est avec grand plaisir que nous vous contacterons, à notre arrivée..

Catherine et Renaud 21/06/2021 00:56

Catherine et moi aurons un grand plaisir à vous rencontrer et à vous aider si besoin. Nous habitons Denarau. Tel: 9908085.
Profitez de Vanua Levu...plus beaux sites de plongée de Fiji.
A bientôt
Renaud

Fabienne et Dominique 11/06/2021 21:44

Oui , quand on pourra car pour le moment il y a trop de covid sur cette ile, on ne peut rien faire.. alors qu’ici sur Vanua levu, il n’y apersonne d’infecté donc on peut se balader librement...

Marie-Mi 08/06/2021 14:58

Que d’aventures!! Que d’eau!!!
Nouveaux paysages, nouvelles rencontres......vivement la suite!!!!!
????????

Anne et dominique 28/06/2021 09:34

On a eu l'adresse de votre blog par Denis et Véronique de Yara avec lesquels nous avons passés de bon moments au Gambier. Nous partons de Taravao mercredi ou jeudi pour les Fiji (Port Denarau obligé à cause des dernières restrictions) Pour la suite, à part l'Indonésie on ne voit pas grand chose de possible... en espérant vous croiser quelque part au Fiji.
Dominique et Anne

Fabienne et Dominique 08/06/2021 19:54

Oui l’aventure continue... bien que la suite soit vraiment incertaine, trop de pays fermés, ou qui profitent du covid pour nous extorquer des frais de visas exorbitants.... bizzzz

Héniquez Jean-Michel 08/06/2021 12:30

Merci de cet article pour une traversée assez éprouvante semble-t-il. On vous souhaite une marina bien agréable.

Fabienne et Dominique 08/06/2021 19:57

Globalement la traversée a été plutôt bonne sauf quelques moments difficiles... mais on oublie vite... merci pour le commentaire

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