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Sea yoU

Sea yoU

Un bateau nommé DÉSIRS... Voyages, aventures, humeurs, voiles, récits et photos


MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Publié par Fabienne et Dominique sur 2 Février 2021, 21:39pm

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

IA ORA NA I TE MATAHITI API

 

Très bonne année 2021.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Il est 17h17 en ce mercredi 2 décembre et je me décide enfin à reprendre le clavier.

 

L’arrêt contraint et forcé de notre tour du monde, pour cause d’hystérie planétaire, a quelque peu mis à mal ma motivation à l’écriture. Les touches de la tablette sont restées muettes pendant de longs mois, contrariées par un organisme invisible, dans l’attente d’une nouvelle énergie pour continuer à relater nos aventures autour du monde...

 

J’ai parfois honte de sembler être déçu d’être bloqué dans un des endroits du monde considéré par beaucoup comme le paradis.

 

 

En fait ce n’est pas une déception, car je reconnais que Tahiti et ses îles sont sans aucun doute, des lieux privilégiés pour vivre cette période infernale. D’autant plus que la gestion de la crise par le gouvernement local et le haut commissaire est excellente. Ils maintiennent un juste équilibre entre économie et nécessités sanitaires. Tout est ouvert, sauf les dancings, pas de confinement, mais juste un couvre feu à 21h et en parallèle on surveille l’évolution des réanimations. Tant que ça tient on continue...

 

C’est plutôt une dynamique de voyage qui nous emmenait régulièrement à la découverte de lieux  et de gens différents qui est brutalement interrompue et il faut accepter de ne plus avancer.

Cela prend un peu de temps pour cela. Mais ça y est nous y sommes arrivés...

 

Il n’y a pas que le Covid qui est en cause, car maintenant, la période cyclonique a commencé début décembre.  A défaut de pouvoir nous rendre en Nouvelle Zélande ou Australie, la Polynésie une fois de plus, est un des meilleurs choix pour attendre.

De plus nous sommes en année « la Niña »,( courant océanique plus froid que la normale qui s’oppose à « el Niño » qui lui est plus chaud) ce qui veut dire que le risque cyclonique se décale plus à l’ouest du Pacifique et que la probabilité d’être touché par ici en Polynésie est d’autant plus faible.

Nous vous confirmerons ceci dans quelques mois.....

 

Donc vous l’avez compris nous ne repartirons pas avant fin avril, début mai, à la fin de la saison des cyclones.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Après un séjour de 7 semaines en Métropole, pour faire le plein d’amour familial, et de pièces pour le bateau, nous avons retrouvé notre « boat sweet boat » qui nous attendait sagement dans ce tropical décor de la future marina de Papeete.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Nous retrouvons nos amis de « poussé par le vent »  Sarah et Aurélien et les mousses Naël et Mia sur leur bateau  « Maloya ».

Nous nous sommes rencontrés au Panama. Ils sont arrivés par les Gambier et les retrouver ici à Papeete est un vrai plaisir.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Nous larguons les amarres pour une nouvelle tournée dans les îles...

Moorea, îles sous le vent, et peut être les Tuamotu...

 

Nous aurions aimé visiter les Australes, mais les locaux se replient sur eux mêmes pour cause de Covid et dissuadent les bateaux de venir, donc si c’est pour ne pas être les bienvenus ce n’est pas la peine.

 

Les Gambier sont très loin, 1000 miles en ligne droite et bien plus en faisant des étapes par les îles des Tuamotu.

Il faut trouver plusieurs bonnes fenêtres météo, pour ne pas avoir le vent dans le nez, et ça c’est une autre histoire. Les vents soufflent généralement d’Est en Ouest, avec parfois en juillet août une inclinaison vers le Sud.

Le passage d’une dépression ou d’un anticyclone plus au nord de leur trajectoire habituelle dans le pacifique Sud, peut modifier cette règle pendant quelques jours et c’est là qu’il faut se lancer.

Mais on peut parfois attendre plusieurs semaines avant que cela n’arrive, ou alors on tire des bords...

 

Pour les Tuamotu, c’est un peu la même chose mais c’est beaucoup moins loin, un peu plus de 200 miles et les bonnes fenêtres s’ouvrent plus fréquemment

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Nous mettons donc le cap le 1er décembre sur la belle Moorea.

 

La mer est peu agitée, le vent souffle au portant, et, si Sea YoU était un chien on verrait sa queue et ses oreilles s’agiter dans tous les sens de contentement. Pas de commentaire pour le capitaine...

 

En 3 heures nous arrivons dans la baie de Cook dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article ( à revoir pour les détails ) et qui est toujours aussi extraordinaire de beauté.

 

On se pose là pour un temps non déterminé, car on se sait pas ce que l’on va faire.

 

Et les jours défilent en cadence comme des légionnaires sur les Champs Elysée un 14 juillet.

 

Nous nous laissons entraîner par le courant de l’existence sans résister, simplement parce que c’est agréable, de lâcher prise.

Une journée n’est pas réussie en fonction de la quantité de choses que l’on a réalisée. Elle est réussie si on est heureux de ce que l’on a fait, aussi peu cela puisse-t-il être.

Nous sommes devenus des grands maîtres de la « slow Life ». ( la vie au ralenti)

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Un ami Ch’ti, Guy, rencontré aux îles Caïman, nous rejoint de Raiatea où il vient de racheter un nouveau bateau.

Nous passons quelques excellentes soirées ensemble et notamment celle de Noël.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Le 25 nos amis Brigitte et Éric viennent nous chercher avec leur bateau à moteur sur Sea yoU. Nous nous rendons dans leur fare au bord du lagon pour un excellent repas de Noël avec des crevettes locales à l’ananas passion, une merveille...

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Enfin une bonne fenêtre s’ouvre vers les Tuamotu et plus précisément Rangiroa.

 

Nous levons l’ancre le 26 décembre vers 13h.

 

Le vent est au rendez-vous et nous glissons sur l’eau à bonne allure.

Il en est ainsi jusqu’à 18h30, quand les rayons de l’astre du jour se noient à l’horizon dans un océan en feu.

 

Nous sommes en approche sur bâbord de l’atoll de Marlon Brando, Tetiaroa.

Le Fletcher Christian des « révoltés du Bounty » ( sorti en 1962) doit maudire ceux qui ont transformé son havre de paix et de nature en un Resort pour milliardaire, certe pseudo écolo, mais rendu totalement inaccessible au commun des mortels à moins de débourser 3800€ la nuitée.

 

A ce moment là, le vent change de direction et monte rapidement en puissance. Un énorme grain orageux est sur nous et il déverse tout son fiel liquide sur notre innocente embarcation.

 

Une fois passé, ce mastodonte affamé a englouti tout notre vent.

Il n’a rien laissé, pas une miette, pas le moindre souffle pour gonfler nos voiles supplicantes.

Nous attendons patiemment une heure et nous nous résignons à ouvrir les boxes de nos chevaux vapeurs qui prennent le relais à une allure plus « balade champêtre » que « Grand prix d’Amérique »....

 

La mer s’aplatit de plus en plus au fil des heures, et fait officiellement une demande de changement de nom, pour s’appeler désormais « lac Pacifique ».

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Quelque peu à l’écart de notre route, une île mystérieuse m’intrigue depuis des années.

Mais il est difficile de s’y arrêter car il n’y a plus de lagon, il faut mouiller dans l’océan, et il n’y a que 3 bouées pour les bateaux de passage.

 

Cette « pétole » non prévue par la météo, n’est elle pas un signe des dieux pour nous inciter à nous détourner de notre route et tenter l’approche.

 

Nous décidons donc de mettre le cap sur Makatea.

 

J’appelle avec mon téléphone satellite « Julien » le maire de l’île pour vérifier qu’il y a au moins un mouillage de libre. Il me confirme qu’il en reste 2 sur les trois.

 

L’île est en vue vers 13h le 27 décembre, mais il faut encore 3 bonnes heures pour atteindre les falaises qui se dressent devant nous, tel le mur qui sépare le royaume des 7 couronnes, des terres glacées et sauvages, dans la série « Game of thrones ».

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Sous ces falaises abruptes, il y a un platier corallien de quelques dizaines de mètres avant que l’océan ne plonge dans des profondeurs abyssales.

 

Sur ces pierres de corail, des vestiges de gigantesques constructions humaines industrielles étonnent le visiteur, et excitent sa curiosité qui gonfle, se tend et durcit pour pénétrer les secrets de l’histoire, dans l’espoir naturel d’un orgasme de la connaissance.

 

Mais il faut maintenant trouver ces fameuses bouées.

 

Nous nous rapprochons lentement et l’on entend le bruit stressant des vagues qui cassent sur le récif et les ruines de piliers énormes.

 

Je vois une bouée blanche... et dit à Fab:

 

«  ce n’est quand même pas ce truc là, sur lequel on doit s’accrocher? »

 

elle semble si près de là où l’eau se transforme en écume vrombissante, que j’espère me tromper.

 

«  je crois bien que si «  me répond elle.

 

Je scrute désespérément la mer à la recherche d’un hypothétique autre point d’amarrage.

Mais je dois me faire une raison c’est bien là.

 

« Bon écoute moi bien, aucune erreur n’est permise dans la manoeuvre, car si l’on prend l’hélice dans le « bout » de la bouée on est cuit, les vagues vont nous pousser sur le récif. »

Lui dis-je pour la détendre...

 

«  tu prends la barre et tu m’amènes doucement près de la bouée et tu mets au point mort. »

 

«  ok va te mettre en place à l’avant » dit-elle d’un ton assuré.

 

La première tentative n’est pas la bonne, la bouée est trop loin et on va trop vite pas possible de l’attraper, et il faut recommencer.

 

On se remet dans l’axe, et on avance au pas...

 

« Ça y est je l’ai » je lui crie soulagé au deuxième essai.

 

La ligne est un très gros cordage avec une boucle, attaché à une énorme chaîne et rassure un peu sur la solidité de l’amarrage.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Mais le fracas des vagues nous rappelle que l’on est vraiment proche de la zone interdite.

 

«  tu crois que tu vas pouvoir dormir ici » me dit Fab qui me connait bien.

«  on va essayer » je lui réponds un peu sceptique.

 

En fait nous passons une très bonne nuit, la fatigue de la nuit précédente en mer y étant certainement pour beaucoup. J’avais quand même fermé notre capot pour affaiblir le bruit des vagues qui était loin du petit clapot qui berce.

 

J’appelle Julien, le maire de Makatea, pour lui demander de nous faire faire le tour de l’île, ce qu’il fait volontiers moyennant quelques subsides. (Voir conseil aux marins)

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Rendez vous est pris à 9h15 à la mairie.

 

Il arrive à l’heure dans son vieux Toyota 4x4. C’est un paumotu d’une soixantaine d’années, grand et fort qui semble avoir été taillé à la machette dans le tronc d’un manguier.

Malheureusement sa hanche le fait souffrir et il est obligé de marcher avec des béquilles.

 

C’est un amoureux de son île et de son histoire, et ses récits nous plongent dans le passé extraordinaire de Makatea.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

La première particularité de cette île est géologique.

 

Il y a 2 millions d’années, Makatea est un atoll comme un autre.

C’est à dire le résultat de l’érosion du volcan qui a formé l’île 60 millions d’années plus tôt, conjointement au développement de récifs coralliens sur sa périphérie.

Avec le temps, le volcan s’effondre sur lui-même et disparaît. Il ne reste plus alors qu’une couronne de petits îlots de corail qui entoure une vaste étendue d’eau.

 

C’est donc à cette époque qu’une énorme éruption volcanique soulève la plaque tectonique sur laquelle se trouve Makatea. Et voilà notre atoll qui se soulève et sort de l’eau.

La barrière de corail émerge à plus de 100 mètres de hauteur et devient les falaises abruptes d’aujourd’hui. Le centre de l’atoll se vide de son eau et c’est une nouvelle île qui apparaît au milieu de l’océan.

 

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

La deuxième particularité est ornithologique.

Pendant des centaines de milliers d’années les oiseaux viennent nicher dans les failles, puits, et autres cavités qui se sont formés avec le temps dans la roche tendre des vestiges de corail.

 

Et surtout ils chient partout, comme le font très bien tous ces volatiles... Si vous avez vu notre film sur la transpacifique ( une fois de plus censuré par You tube pour cause d’utilisation de musique avec droits d’auteur) vous vous souvenez certainement qu’en une nuit deux piafs avaient complètement recouvert mes panneaux solaires de fientes.

 

Ces fientes c’est le « guano » qui va s’accumuler là pendant des centaines de milliers d’années et remplir toutes ces cavités. Il se mélange aux microorganismes de corail et se transforme en poudre ou roche friable extrêmement riche en phosphate.

Ce phosphate est un engrais formidable.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Ce gisement est découvert à la fin du XIX siècle par « Jene Saispasqui » très célèbre à son époque...

 

Et c’est en 1916 que commence l’exploitation par la « Compagnie Française des Phosphate de l’ Océanie »

 

Les investissements sont gigantesques, et l’on a besoin de main d’œuvre, alors on fait venir des hommes des îles Cook, des îles Australes et aussi d’Asie.

Des ingénieurs métropolitains s’installent là avec leur famille.

 

Rapidement l’île compte plus de 3000 personnes qu’il faut nourrir, loger et divertir.

 

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Alors on construit, et l’on fait venir ici tout ce qu’il y a de plus moderne pour l’époque.

Notamment deux énormes moteurs diesel qui vont électrifier toute l’île alors qu’à Tahiti seuls quelques quartiers ont du courant, on installe un funiculaire et un train pour transporter le précieux « minerai ».

Il y a deux cinémas, des terrains de tennis, un de football, une boulangerie et une boucherie, des magasins, un hôpital....

On construit encore un gigantesque bras articulé surnommé le crocodile pour remplir les minéraliers à trois cents mètres du rivage.

L’île possède un atelier avec des machines modernes où l’on peut tout fabriquer sur place, même des hélices de navire.

 

 

Des centaines de milliers de tonnes de phosphate sont envoyés dans le monde, et principalement au Japon pour fertiliser les rizières et nourrir le peuple.

 

Makatea devient le poumon économique de la Polynésie, et verse à elle seule l’équivalent en taxe de 130 hôtels.

Son développement est fulgurant.

 

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

En 1951, le général de Gaulle alors de passage en Polynésie, lance une petit phrase qui révélera son importance et sa portée 15 ans plus tard.

«  l’avenir de la Polynésie sera le nucléaire »

 

A partir de ce moment là de nouveaux investissements sont encore réalisés et la production bat son plein.

 

Tout cela nous amène en cette année 1966, où la france démarre son programme de bombes atomiques dans le pacifique..

 

De façon absolument incroyable, l’exploitation est arrêtée brutalement. En trois semaines, toute la population quitte Makatea, mais tout le matériel reste sur place. Dans les ateliers, les machines, les outils, les matériaux, la moindre clé n’a pas bougé. Dans les maisons, le mobilier, la vaisselle... tout reste là, Ils n’emportent rien.

 

L’île passe brutalement de plus de 3000 personnes à seulement 28 natifs qui restent sur leur île.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Une partie de la main d’œuvre va servir à la construction des infrastructures de Moruroa pour les essais atomiques, et les autres rentrent chez eux.

 

Makatea se retrouve du jour au lendemain vidé de sa population, de ses activités, de sa vie.

Les cinquantes dernières années sont balayées, et c’est une ville fantôme qui demeure,

L’île est défigurée, balafrée de milliers de trous allant jusquà 30m de profondeur.

 

Dans les années, qui suivent, l’île sera petit à petit pillée, par des gens venant souvent de Tahiti qui sauront que l’on peut venir se servir, tout est à l’abandon.

 

Mais il en reste encore des vestiges de cette époque... ils sont de plus en plus engloutis par la végétation tropicale qui petit à petit absorbe tout.

 

Julien, le maire, essaie de maintenir des sites accessibles pour que les visiteurs puissent continuer de se faire une idée de ce que fût Makatea.

les ateliers et la boucherie
les ateliers et la boucherie
les ateliers et la boucherie
les ateliers et la boucherie

les ateliers et la boucherie

54 ans après, on peut encore voir les traces de la gare de triage, du grand atelier et de ses machines, des locomotives, des silos d’entreposage, bien que ceux-ci deviennent dangereux, le treuil du funiculaire....

On emprunte une route qui traversait le village où les gens vivaient. Il y a les ruines de leur maison, de la boulangerie et de son four à pain, de la boucherie...

 

Et puis il y a les milliers de trous à ciel ouvert, au milieu desquels il pourrait être dangereux de se promener actuellement.

le four à pain

le four à pain

le petit train

le petit train

La boulangerie

La boulangerie

Mais revenons à l’aspect géologique de l’île.

Cette barrière de corail surélevée en falaise depuis 2 millions d’année a laissé s’infiltré, l’eau de pluie, qui avec le temps a creusé des cavernes, et formé des lacs souterrains.

 

C’est le fils de Julien qui nous emmène à la découverte des entrailles de Makatea.

 

Nous descendons vers un trou noir par un passage aménagé. C’est une grotte cachée par la végétation au pied d’une falaise.

Notre guide nous a donné une torche sous marine, que j’actionne pour voir où nous mettons les pieds.

Waouhhhh!!!!, une immense salle s’offre à nos yeux, alors que notre corps est déjà enchanté par la douce fraîcheur de l’endroit.

Au plafond, des stalactites descendent vers un petit lac d’eau douce translucide, d’une pureté hors du temps car filtrée par des dizaines de mètres de calcaire corallien.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Quel bonheur, alors que nos corps soumis à la chaleur moite de l’été tropical sont encore ruisselant de transpiration, de plonger dans cette eau fraîche tonifiante.

Le sol est lui formé de roches rondes, usées par des millénaires d’érosion, qui n’agressent pas, et sur lesquelles on peut se laisser glisser. Il est totalement irrégulier avec des trous où l’on a plus pied et où il faut nager, puis des plateaux où il n’y a plus que quelques dizaines de cm d’eau.

 

Notre guide connaît parfaitement le lieu pour y avoir jouer depuis qu’il est enfant.

Il nous emmène dans deux autres grottes accessibles par des percées dans la roche, ou des passages dans l’eau où juste notre tête peut passer, et tout cela dans un noir complet, déchiré par le faisceau de notre unique lampe sous marine...

Expérience un peu flippante parfois où il faut lâcher prise sur ses angoisses primales, mais aussi tellement excitante et rafraîchissante...

 

Nous y passons une bonne heure, et sortons de l’eau juste avant que les premiers frissons nous gagnent.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Julien nous attend dehors dans sa voiture, et nous emmène maintenant chez lui pour un déjeuner polynésien.

 

Quand nous arrivons le repas est prêt et nous prenons une bonne bière fraîche en guise d’apéro.

 

Il y a sur la table, l’incontournable poisson cru au lait de coco, du sashimi, et bien sûr le Kaveu une spécialité de l’île. C’est un très gros crabe qui ne se nourrit que de noix de coco, qu’il « déboure » et casse avec ses impressionnantes pinces et sa chair finit par prendre le goût de coco.

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde
MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Puis il nous montrera sur sa télé plusieurs films anciens sur Makatea dont un documentaire d’archive passionnant de la vie sur l’île, à la grande époque du phosphate dans les années 50.

 

 

Enfin il nous reconduit en bas des falaises, où nous pouvons voir notre Sea yoU qui nous attend gentiment entre deux piliers, symboles du faste passé de cette île qui essaie maintenant de se projeter dans un futur incertain.

 

Nous souhaitons bon courage à Julien pour ses projets de développement de l’escalade, de l’éco-tourisme, de la spéléologie, et peut être aussi d’une dernière exploitation minière du phosphate par un groupe Australien qui réhabiliterait les terrains meurtris de l’ancienne mine.

 

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Il est presque 17 heures, j’ai vu que le vent était bon pour partir vers Rangiroa ce soir, alors en dépit de la fatigue de cette journée riche et intense, nous levons l’ancre pour de nouvelles aventures.

 

Les falaises de cette île incroyable disparaissent progressivement à l’horizon, alors que la lumière du jour s’efface pour laisser place à celle de la lune, qui est déjà levée. A bord de Sea yoU on se prépare sereinement à une nouvelle nuit en mer, en dépit des grains que l’on voit au loin.

 

 

Bon vent à tous

 

Sea yoU soon

MAKATEA L'île oubliée du bout du monde

Conseils aux marins:

 

Comme évoqué plus haut, il n’y a pour le moment que 3 bouées à Makatea, Julien nous a dit qu’il devrait y en avoir 6 dans quelque temps.

Parmi les trois bouées actuelles choisir la plus au Sud si possible, qui est moins stressante, car un peu plus éloignée du récif et des vagues qui y déferlent.

Nous nous étions sur celle du Nord et on s’y est fait...

 

Celle du milieu en face de la «  passe » est un peu dans le passage vers le débarcadère.

 

Mieux vaut plonger pour vérifier par soi-même l’état du mouillage.

 

 

Pour les dinghy, il y a une petite passe avec un chenal balisé, qu’il faut emprunter avec la vague.

Attention aux déferlantes s’il y a beaucoup de houle...

Au fond un petit quai était en construction et sur le point d’être terminé.

Il devrait y avoir quelques bouées pour attacher l’annexe, mais je ne saurais trop vous conseiller d’avoir une ancre arrière au cas où, car il y a pas mal de ressac.

 

Une fois à terre , si vous voulez appeler Julien ou autre, on ne peut capter du réseau que près des 3 cocotiers qui sont â côté du bâtiment qui sert d’abri pour ceux qui attendent une navette.

 

Julien Mai, le maire de Makatea organise un tour de 9h30 à 14h30 environ, avec visite guidée des sites et de l’île, baignade dans les grottes et repas chez lui. Il vient vous chercher et vous ramène en bas près du débarcadère.

Contact de Julien : +689 87 74 45 22 - julien.mai@mail.pf

( on peut aussi l’appeler pour savoir si il y a de la place au mouillage avant de se diriger vers l’île)

 

 

Drapeau de Makatea

Drapeau de Makatea

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Jean-Claude Peybernès 10/02/2021 18:46

Merci pour votre blog et toutes ces précisions bien utile. J'apprécie beaucoup les Conseils aux marins.
Bon vent
Jean-Claude et Jacqueline

FRED 09/02/2021 16:16

Ia Orana !
Cela fait du bien de te lire et de voir que la vie s'écoule lentement mais agréablement dans la douceur des tropiques...! C'est le vrai rythme des îles.
Merci pour ces belles images de Makatea qui se démarque vraiment dans cette région. Espérons que les projets d'exploitation avec réhabilitation lui redonneront vie et futur... même s'ils sont australiens!
J'espère que vous pourrez aller plus au sud dont les îles sont aussi attirantes.
A bientôt. Bises,
Fred
PS: Tu as oublié de préciser que la nuitée au Brando de Tetiaora était "All inclusive" !!!;-)

Fabienne et Dominique 06/02/2021 18:20

Oui vraiment incroyable et pratiquement oubliée par les gens ici...
Bizzz2

Johann 04/02/2021 20:32

Merci de nous faire à nouveau voyager, surtout en cette période !!!
Très bonne année à vous 2 !
Bisous

Fabienne et Dominique 06/02/2021 18:22

Merci et excellente année également...

Marie-Michèle Portelli 04/02/2021 11:49

Quelle histoire incroyable!!!
Ravie de vous retrouver....
Plein de bisous

Fabienne et Dominique 04/02/2021 18:39

Oui vraiment incroyable et pratiquement oubliée par les gens ici...
Bizzz2

anne 04/02/2021 09:32

ça donne envie d'y aller !

Fabienne et Dominique 04/02/2021 18:37

Oui c’est un endroit fascinant...

Isa 04/02/2021 08:39

Heureuse de retrouver vos aventures et de découvrir de beaux lieux et de belles personnes si impliquées dans la sauvegarde de leur île et de son histoire. ????????

Fabienne et Dominique 04/02/2021 09:30

Merci Isa pour ce commentaire. Bizzzz

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