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Sea yoU

Sea yoU

Un bateau nommé DÉSIRS... Voyages, aventures, humeurs, voiles, récits et photos


ADAM et ÈVE

Publié par Fabienne et Dominique sur 27 Juin 2016, 20:59pm

Nous voilà donc arrivés de l'autre côté, non pas de la "force" comme Maître Yoda à Luc Skywalker aurait dit, mais des bouches de Bonifacio. Bien qu'il y ait quand même des points communs, la force du vent dans ces bouches, pouvant vite vous faire passer du côté obscur de la voile.

Nous nous dirigeons vers la très célèbre baie de Rondinara, qui forme un cercle presque parfait. Les fonds de sables sont peu profonds, l'eau est cristalline et avec le soleil les couleurs sont celles d'un lagon polynésien. 
Mais la saison touristique commence et les bouées jaunes de "protection des plages"  sortent de l'eau comme des boutons d'or dans un pré en été. Il y en a partout pour restreindre nos possibilités de mouillage. Entre celles qui sont à 300 m de la plage, celles qui délimitent un chenal pour les engins à moteur et enfin les zones qui sont tout simplement interdites au mouillage, il ne reste plus beaucoup d'espace pour trouver une place.
Nous jetons donc l'ancre dans un endroit pas très satisfaisant, à l'entrée de la baie, près des rochers, car tous les autres sont déjà occupés. 
Nous déjeunons là, mais je ne me vois pas y passer la nuit, jaillissant dehors tout endormi à chaque rafale pour vérifier que l'on ne bouge pas.
Nous repartons donc vers 14h en quête de l'emplacement de "rêve".
 

"Allons voir la baie de "Porto Novo" " me dit Fab, "il n'y a pas d'accès par la terre", ce qui veut dire "pas envahi par les terriens." 
" à vos ordres capitaine" répondis-je.
" hissez la grand voile"... Un ordre qui s'adresse à moi même, car nous n'avons pas de matelots à bord...

Nous arrivons dans une grande baie sauvage formée de deux anses. Une luxuriante végétation sur les flans de montagne entoure l'endroit et lui confère, avec un peu d'imagination, un petit côté marquisien. Au fond d'une des anses une magnifique plage de sable blanc s'étend sur plusieurs centaines de mètres. Derrière la plage un étang avec des roseaux et autres plantes d'eau douce en fleurs créent un savoureux mélange d'ambiances, qui ressemble au menus "terre/mer" de certain restaurant.


L'autre anse, plus rocailleuse est paraît il mieux protégée de la houle qui peut entrer.
Avec notre "ding ding" (annexe) nous pouvons facilement rejoindre le sable, c'est donc cette anse que nous choisissons. Il y a peu de bateau et donc une place immense pour nous installer.


Ce sont ces endroits que nous affectionnons tout particulièrement. Ils nous procurent non seulement un petit sentiment de découvreur d'un autre siècle, mais aussi la sensation de naviguer sur la mer d'Eden, celle juste à côté du jardin. (vous le savez on a beaucoup d'imagination). 
On ressent une liberté naturelle, une harmonie avec les éléments eau, terre, air, une envie de s'imprégner des origines.
Le soir nous ne sommes que plus que 3 bateaux et nous passons deux nuits divines.
 

ADAM et ÈVE ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE ADAM et ÈVE

Aujourd'hui est un jour très spécial, Dieu a enfin coupé la clim sur l'Eden. (ou alors il vient d'employer un français de la CGT qui s'est mis en grève immédiatement pour réclamer le retrait de la loi travail). 
Bref cela nous arrange, le vent froid s'est arrêté.
L'Adam et Ève qui est en nous se réveille aussitôt, et nous nous mettons en tenu pour imprégner toute notre peau des bienfaits de l'étoile qui nous éclaire et nous réchauffe.( et accessoirement pour combler notre carence en vitamine D).
 

Petit déjeuner, déjeuner, dîner
Petit déjeuner, déjeuner, dîner
Petit déjeuner, déjeuner, dîner

Petit déjeuner, déjeuner, dîner

Ça vous rappelle pas une histoire de serpent...

Ça vous rappelle pas une histoire de serpent...

Nous arrivons en début d'après-midi à Palombaggia. Une immense plage bordée de pins parasols. L'eau est aussi pure que du cristal.
Nous mouillons derrière une double rangée de bouées jaunes. Étonnamment, nous sommes le seul bateau au mouillage. Mais pendant que nous étions partis à la plage à la rame avec l'annexe, un bateau italien de location vient juste à côté de nous, mais alors vraiment juste à côté. C'est comme sur les plages, les gens viennent toujours se coller à vous alors qu'il y a de place partout ailleurs.
Heureusement ils sont partis 3 h plus tard, et c'est complètement seul devant cet incroyable décor que nous avons passé la nuit.
 

 

ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE

Aujourd'hui, nous avons décidé de passer aux îles Lavezzi qui font un peu la réputation du sud de la Corse. La météo prévoit pratiquement pas de vent, ce qui dans les bouches veut dire environ 15 nds.
Et Dieu a viré le mec de la CGT, parce que c'est Dieu et qu'il a tous les droits, pour remettre la clim en marche lui-même. Adam et Ève remettent donc des polaires.
 Nous passons devant la célèbre île des milliardaires, Cavallo. Nous explorons une petite baie adorable où il n'y a aucun bateau, et bien abritée du vent et de la mer.
" qu'est-ce qu'on fait" me dit Fab
" on est venu pour les Lavezzi... Restons sur ce plan là", je lui réponds bêtement..
Comme le vent avait soufflé fort pendant plusieurs jours, les îles étaient impraticables pendant cette période, alors tous les bateaux se sont dit en même temps comme nous:
"super aujourd'hui on se fait les Lavezzi"
L'entrée de la passe vers le mouillage principal de cette petite île de rochers inhabitée, est complètement envahie par tout ce qui peut flotter. Bateaux à moteurs en tout genre, voiliers de toutes tailles, et bateaux de touristes qui arrivent de Bonifacio pour déverser sur l'île des centaines de badauds avec leurs serviettes qui se précipitent pour trouver un carré de sable.
Et nous, qui sortons de notre paradis, nous pensons naïvement que nous sommes les seuls au monde....
L'île qui connut une des plus importantes catastrophes maritimes de la marine française avec le naufrage de la "Sémillante" en 1855 qui fit quand même 750 victimes, attendra pour nous voir.

Il est 12h, et Fab me dit:
"On a qu'à remonter la côte ouest, on fait de la route, on trouvera bien un petit mouillage"
"Ok, mais on devra tirer des bords, on a le vent de face" 

Nous sommes sur notre premier bord qui nous éloigne de la côte, quand je descends dans le carré pour y chercher quelques victuailles.
" c'est quoi ce bruit??" Je demande à Fab par habitude.
En un instant je comprends que c'est une pompe, et je pense immédiatement à la pompe de cale que je viens d'automatiser.
Je soulève un des planchers..
" Fab on a une voie d'eau!" Criais je avec effarement..
Je constate que mes fonds sont remplis d'une eau qui vacille de droite à gauche entre les bordées avec les mouvements du bateau.
"Quoi??? " me dit-elle un peu affolée.
"Il y a plein d'eau sous le plancher".
Je me demande pourquoi il y a autant d'eau car ma pompe aurait dû faire son office?
Ce n'est pas ma pompe de cale qui fait ce bruit, mais ma pompe de pression du circuit d'eau.
Mais que fait ma pompe de cale... sacré mille sabords!!! Elle aurait du évacuer l'eau?
La bougresse ne fonctionne pas, même en position manuelle
Pas le temps de comprendre pourquoi il faut faire vite...
" je goûte l'eau" dis-je à Fab qui me regarde prendre les choses en main depuis le cockpit.
Je constate qu'elle est un peu salée, mais pas assez pour être de l'eau de mer.
"Tout va bien, c'est de l'eau douce", je lui lance pour la rassurer, "on ne va pas couler tout de suite".
 Le stress retombe... Un vieux reste de sel entre les coques a dû se mélanger à l'eau douce pour donner ce petit goût.
Le matin même j'avais regardé le contenu du réservoir et constaté qu'il restait environ 150l. Si la pompe de pression s'est déclenchée, c'est que le réservoir est vide et donc qu'il s'est déversé dans le bateau...
Ma pompe automatique ne fonctionne pas, je trouve que c'est un peu exagéré de sortir ma grosse pompe qui débite du 32000l /heure ( il n'y a que 150l) alors c'est avec la pompe à main que l'on évacue ce qui peut l'être. Pour le reste cela attendra le mouillage du soir, surtout que l'on est au près, qu'il nous faut virer si on ne veut pas se retrouver à nouveau en Sardaigne, et qu'on a encore quelques miles à parcourir.

Nous retournons au sympathique mouillage de l'anse de Furnelu et au boulot, il faut trouver l'origine du problème, vider ce qui reste dans les fonds et bien sûr réparer.

En premier je veux comprendre pourquoi ma pompe n'a pas fonctionné. Je vérifie les branchements que j'avais fait, tout est nickel. Je pense au fusible, il a sauté. Je suis ravi d'avoir trouvé je le change, cela fonctionne 2 mn et cela ressaute. En fait il était trop faible pour la pompe. J'avais mis du 5A pour une pompe de 8A et de toute évidence c'était trop peu.

Ensuite nous inspectons tous les dessous d'évier et de lavabo, rien, les pompes, rien, le réservoir lui même, rien. Cela devient mystérieux...
Je vide le bac à chaussure, et je constate qu'il y a un peu d'eau au fond. Ce n'est quand même pas notre transpiration des pieds qui a causé l'inondation!!!
" tu vas brancher le deuxième réservoir et on regarde si on voit quelque chose"
demandais je à Fab
Une fois mis en place, j'ouvre le robinet de cuisine et en position eau chaude on voit de la vapeur et un bruit d'eau jaillissante qui sort du bac à chaussures.
"Ah merde... Cela doit être le ballon qui est percé" dis je avec un peu de résignation.
Heureusement quelque instant après en démontant le plancher de ma soute de rangement, je constate que le problème se situe à un point de jonction entre 3 tuyaux, les colliers de serrage sertis ne sont pas assez serrés.
J'enfile ma casquette de plombier et il me faut quand même 2 heures pour réparer, car pour accéder à cette foutue jonction, il faut presque démonter tout le bateau.
Fab pendant ce temps éponge l'eau qui n'arrête pas de revenir, car coincée entre les deux coques.

Vers 20 h on a enfin fini, juste pour l'apèro, c'est drôle, non....

 

ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE

Aujourd'hui, cap sur Ajaccio, dernière étape de notre périple Corse, car on décide de traverser vers le continent à partir de là.
On nous avait dit que c'était pas terrible, le port pas sympa, pas grand chose à voir...
Il ne faut jamais écouter trop ce que racontent les gens...
Nous on a bien aimé et on a passé deux jours excellents.
Le vieil Ajaccio est charmant. Des petites ruelles où s'entassent restos et bars à vin, une place avec un beau marché tous les matins, la maison de Bonaparte qui vaut le détour, des boutiques pour refaire le plein... Que demander de plus au Papa Noël, pour cette escale dans le port Tino Rossi!!!
 

ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE

Vendredi matin, vers 9h nous quittons tranquillement Ajaccio pour notre traversée. Nous sommes accompagnés par des dauphins pendant toute la remontée du golfe. On ne pouvait pas espérer mieux pour quitter l'île de beauté.
Les vents n'étant pas porteurs, il nous faut les remonter.
Navigation généralement pas très confortable et plus longue, car nous devons tirer un long bord vers les Baléares avant de pouvoir prendre notre cap vers... On ne sait pas bien où...cela dépendra du vent...

Nous arrivons vers 7 h du matin entre St Tropez et Cavalaire. Nous choisissons après de nombreux débats Cavalaire qui est plus proche de chez nous et surtout deux fois moins cher que St Trop...
La priorité après 24 h de navigation est surtout de dormir...
Notre choix est excellent, c'est un très bel endroit où tout est facilement accessible, et un des ports les moins chers de Méditerranée.

Bon vent à tous
"SEA YOU" soon
DOM et FAB

ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
ADAM et ÈVE
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M
Nous sommes rentres de Dax.Toujours des aventures la vie de marin n est pas toujours
de tout repos heureusement il y a toujours une solution
Merci pour ces paysages qui font rever a bientot pour de nouvelles aventures
bisous
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F
Belle aventure et récit captivant. Et avec des images ! Suggestion : installez une webcam face à la table à manger du pont. Ainsi on aura toutes les santés du voyage !!! Super périple. Etes-vous passés au cap Corse ? J'y ai passé 6 mois au dessus de Bastia. Miva a envie de découvrir la Corse depuis longtemps. Il va falloir qu'on se décide à y aller.... quand la maison sera vendue, ce sera plus facile !
Bon retour chez nous. Bizzz
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F
Merci Fred.
Non on a pas pu passer au cap Corse, ce sera pour une prochaine fois.
Bon courage pour la vente de la maison... On sait ce que c'est...
Bizzzz
R
Et bien, des émotions et des histoires de pompes !!
Bravo au super plombier
Merci pour les jolies photos.
Je vous envie tellement c'est difficile ici ..
Bisous
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F
Merci de prendre le temps de nous lire, au milieu des cartons et de tout le reste...
Bon courage, on t'envoie plein d'énergie.
Bizzzz
A
Dommage qu'on se soit loupés... En même temps, nous on est plus textile
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F
Oui dommage ce sera pour une autre occasion. On a tous eu notre première fois, un jour peut être que tu goûteras à cette liberté extraordinaire.
Bizzz

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